- Plus de dix ans après l’entreprise américaine SpaceX, l’agence spatiale japonaise a réussi à récupérer un petit lanceur expérimental après son décollage.
- Cette démonstration intervient au lendemain du lancement d’une fusée chinoise qui a placé un satellite en orbite avant de revenir se poser sur Terre.
- En Europe, le premier vol d’essai de la fusée réutilisable Maia doit avoir lieu avant la fin de l’année.
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Le Japon a ouvert, samedi 11 juillet, un nouveau chapitre de son histoire spatiale en devenant le troisième pays à réussir l’exploit de faire décoller et atterrir une fusée réutilisable. L’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA) a procédé au premier essai en vol du RV-X, un petit lanceur expérimental. Le prototype, lancé depuis le site d’essai de Noshiro (nord du pays), a atteint quelque dix mètres de haut lors d’un vol d’environ quarante secondes.
« Nous y avons consacré beaucoup de temps et d’efforts, et maintenant que le prototype a décollé et atterri sans problème, je dois dire que je ressens un grand soulagement »
, a déclaré aux journalistes Takashi Ito, responsable de ce lancement. L’agence spatiale japonaise doit encore analyser les données pour déterminer la portée de ce succès, a-t-il expliqué, se disant « convaincu »
d’avoir obtenu « des
données très utiles »
lors de ce vol d’essai. En juin 2025, une filiale du géant asiatique Honda était devenue la première entreprise privée japonaise (nouvelle fenêtre) à mener à bien cette prouesse.
À l’instar du lanceur européen Ariane 6 (nouvelle fenêtre), la plupart des fusées sont conçues pour un usage unique, leurs étages retombant en mer, se consumant dans l’atmosphère ou demeurant parfois en orbite comme débris. Le développement de fusées réutilisables permet notamment de réduire les coûts des missions spatiales. L’entreprise américaine SpaceX d’Elon Musk utilise depuis 2015 cette technologie avec sa fusée réutilisable Falcon 9 et effectue d’ores et déjà plusieurs lancements par semaine.
Pékin dans les pas d’Elon Musk
Avant le Japon, Pékin avait annoncé, vendredi 10 juillet, être parvenu à récupérer, dès son premier essai, l’étage principal d’un lanceur réutilisable au cours d’un vol suborbital, considéré comme l’étape suivante. Une fusée Longue Marche-10B a placé un satellite en orbite, avant de revenir se poser sur une barge en mer, récupéré comme prévu par un système de capture par filet. « Cette mission marque la première récupération contrôlée réussie du premier étage d’un lanceur par la Chine, ainsi que la première mondiale d’une récupération en mer par filet »
, a indiqué l’Administration nationale aérospatiale chinoise (CNSA).
La chaîne de télévision publique chinoise CCTV a diffusé d’impressionnantes images aériennes au-dessus des flots, montrant le lanceur redescendre de façon contrôlée à la verticale avant de se poser délicatement à travers une armature cubique sur la plateforme. Contrairement à la fusée Falcon 9 de SpaceX, la Longue Marche-10B n’utilise pas de pieds d’atterrissage mais des crochets pour se fixer à un filet sur la plateforme. Selon Chen Muye, un expert de la société China Academy of Launch Vehicle Technology (CALT) cité par le journal officiel Global Times
, cette technique offre plusieurs avantages.
« La récupération par filet contribue à simplifier la structure de la fusée »
, permet « d’alléger »
son poids et d’emporter davantage de contenu vers l’espace, a-t-il détaillé. La série des fusées Longue Marche-10 est notamment destinée aux futures missions chinoises habitées vers la Lune.
Quid de l’Europe ?
En Europe, le groupe français MaiaSpace, filiale d’ArianeGroup, développe actuellement une fusée réutilisable, dont le premier tir est prévu en 2026. Le lanceur Maia est conçu pour revenir sur une barge en mer après le lancement, grâce à une technologie similaire à celle utilisée par SpaceX d’Elon Musk. Propulsé par le moteur Prometheus d’ArianeGroup qui fonctionne avec un mélange d’oxygène liquide et de bio-méthane, plus écologique que le kérosène, le premier étage de Maia pourrait être réutilisé jusqu’à cinq fois contre au moins dix pour SpaceX. L’entreprise spatiale mise sur une vingtaine de tirs par an vers 2031-2032.




