- Sur Internet, de nombreux messages et annonces promettent un moyen de gagner de l’argent rapidement.
- Il s’agit d’une arnaque à la mule bancaire : vous transférez de l’argent pour quelqu’un en échange d’une commission.
- Dans les rares cas où ce n’est pas une escroquerie, il s’agit d’une manœuvre illégale.
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Gagner de l’argent rapidement, sans travailler. Sur Internet, une escroquerie se répand : la mule bancaire. Cette arnaque naît sous plusieurs formes. Il peut s’agir de « proches » qui demandent un service, d’une annonce de « travail » à temps partiel, ou encore d' »entreprises » ou de jeunes entrepreneurs qui cherchent à « réduire leurs taxes » ou à optimiser leur chiffre d’affaires, rapporte la plateforme commune mise en place par la Banque de France, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et l’Autorité des marchés financiers (AMF), ABE Infoservice (nouvelle fenêtre). Derrière ces annonces, les escrocs proposent généralement des rémunérations alléchantes et vantent la simplicité du travail ou du service demandé.
Ce « travail » se résume très simplement : l’escroc transfère de l’argent à sa victime, que ce soit par chèque (nouvelle fenêtre)ou par virement bancaire, et demande à ce qu’une partie de l’argent lui soit retransférée (par virement bancaire (nouvelle fenêtre), remise d’argent liquide, coupons de paiement, etc.), en échange d’une commission. Concrètement, il pourrait vous proposer de vous transmettre 10.000 euros et que vous ne lui en renvoyiez que 8.000. Théoriquement, vous avez donc gagné 2.000 euros. Le transfert d’argent peut se faire sur le compte personnel de la victime ou sur un compte qu’elle aurait spécialement créé à la demande de l’escroc, précise ABE Infoservice.
Arnaque de la mule : comment ça marche ?
Le rôle d’une mule financière « consiste à agir comme intermédiaires, en permettant aux fraudeurs de dissimuler l’origine des fonds »,
explique la Société Générale. (nouvelle fenêtre) Il s’agit souvent de fonds « acquis illégalement par des criminels qui cherchent à cacher l’origine frauduleuse de l’argent »
, selon le ministère de l’Economie. (nouvelle fenêtre)
La somme d’argent transmise par l’escroc est bien créditée sur le compte bancaire (nouvelle fenêtre)de la victime après l’encaissement du chèque ou la réception du virement. Dans un premier temps, elle croit donc que la combine fonctionne et qu’i ne s’agit pas d’un piège. Elle effectue donc sa part du marché en renvoyant une partie de la somme à son interlocuteur. Cependant, après un certain temps, sa banque rejette le virement ou le chèque, que ce soit parce que son émetteur n’a pas les fonds ou parce que les fonds sont acquis illégalement. La victime a donc payé le montant transféré de sa poche.
Si cette arnaque est possible, c’est parce que, lors de l’encaissement d’un chèque ou d’un virement, la banque « avance » le montant transféré en attendant de « recevoir effectivement les fonds de la banque du payeur »
, explique ABE Infoservice. Cette avance peut être reprise par la banque si le transfert est rejeté après traitement. Et comme le virement de la victime vers l’arnaqueur est de sa propre initiative et qu’il est généralement autorisé, les banques n’acceptent pas de les rembourser. L’UFC-Que Choisir (nouvelle fenêtre) rappelle que, si c’est trop beau pour être vrai, c’est probablement le cas ! L’association de consommateurs recommande donc de se méfier de ces promesses et, plus généralement, de s’en tenir éloigné.
Si vous tombez dans le piège, votre premier réflexe doit être de déposer plainte et de contacter la plateforme « info Escroqueries » de la Police nationale au 0805 805 817 (service et appel gratuits du lundi au vendredi de 9h à 18h30).
Une manœuvre illégale punie par la loi
Si vous êtes dans un des (rares) cas où le transfert d’argent n’est pas annulé et que vous avez donc réellement été une mule financière, ne vous réjouissez pas trop vite : c’est illégal. S’il est établi que vous aviez conscience de l’origine frauduleuse des fonds ou du caractère illégal de l’opération, vous pouvez être poursuivi pour complicité de blanchiment d’argent ou d’acte frauduleux, précise ABE Infoservice. L’article 324-1 (nouvelle fenêtre) du Code pénal prévoit jusqu’à cinq ans de prison ainsi qu’une amende de 375.000 euros. Par ailleurs, des sanctions bancaires (clôture des comptes, etc.) peuvent également être encourues.




