Neuf personnes ont été mises en examen dans le cadre de l’enquête sur l’escroquerie à la billetterie du Louvre, et l’une d’entre elles a été placée en détention provisoire, a indiqué ce vendredi 13 février le parquet de Paris,
L’une d’elles a été mise en examen des chefs « d’escroquerie réalisée en bande organisée », « usage de faux », « aide à l’entrée et à la circulation d’un étranger en bande organisée », « corruption active, blanchiment aggravé » et « participation à une association de malfaiteurs ». Conformément aux réquisitions du parquet, elle a été placée en détention provisoire.
Six autres ont été mises en examen pour les mêmes chefs d’infractions, mais laissées libres sous contrôle judiciaire, a précisé la source judiciaire. Deux autres sont poursuivies pour complicité d’escroquerie réalisée en bande organisée, corruption passive, blanchiment aggravé et participation à une association, et laissées elles aussi libres sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet.
957.000 euros en espèces saisis
Les neuf personnes avaient été interpellées mardi. Parmi elles, suspectées également d’escroquerie au préjudice du château de Versailles, figurent notamment deux agents du Louvre, des guides touristiques, ainsi qu’une personne « soupçonnée d’avoir organisé le réseau », avait indiqué jeudi le parquet de Paris. Il avait insisté sur le préjudice du Louvre, estimé « à plus de 10 millions d’euros ».
À ce stade des investigations, la justice a saisi plus de 957.000 euros en espèces ainsi que 486.000 euros sur différents comptes bancaires.
Les mis en cause sont soupçonnés d’avoir investi une partie du fruit de leur escroquerie « dans de l’immobilier, tant en France qu’à Dubaï », aux Emirats arabes unis, avait détaillé le parquet de Paris.
L’enquête a débuté par une plainte du Louvre en décembre 2024, avisant la sous-direction de la lutte contre l’immigration irrégulière au sujet d’un couple de guides chinois au musée.
Ces derniers faisaient entrer des groupes de touristes chinois « en fraudant la billetterie, les guides réutilisant plusieurs fois les mêmes tickets pour des personnes différentes ». D’autres guides ont ensuite été soupçonnés « des mêmes pratiques », a pointé le parquet.
Des complices au sein du Louvre soupçonnés
Un dispositif de « surveillances » et d' »écoutes » a confirmé les suspicions du musée, notamment sur le réemploi des tickets à plusieurs reprises.
Les investigations ont également conduit à « soupçonner des complices au sein du Louvre », à qui « les guides pouvaient remettre du numéraire en échange de ne pas procéder aux contrôles », selon le parquet de Paris, qui a saisi des juges d’instruction en juin 2025.
Ce réseau pouvait faire entrer jusqu’à 20 groupes par jour, depuis une dizaine d’années.
Selon la porte-parole du Louvre, le musée le plus visité au monde fait face « à une recrudescence et une diversification des fraudes à la billetterie » et a, en réaction, mis en place un plan de lutte « structuré », en collaboration avec ses équipes et les forces de police.
Article original publié sur BFMTV.com




