Une adresse, un prénom, un nom, l’ébauche d’une famille… Voilà les maigres données délivrées à l’occasion des opérations de recensement de la population. Mais, à qui sait les décrypter, ces registres fourmillent d’informations et dessinent à l’instant T la sociologie d’une ville.
Le Musée Carnavalet s’en sert comme point de départ pour évoquer le Paris d’il y a cent ans. À partir de trois recensements, réalisés en 1926 (le premier à dresser une liste nominative des Parisiens), puis en 1931 et en 1936, l’exposition « Les gens de Paris, 1926-1936. Dans le miroir des recensements de population » invite jusqu’au 8 février à une rencontre inédite avec la population de la capitale durant l’entre-deux-guerres.
Par quartier, corporation, immeuble ou classe sociale. Mais comment donner chair et vie au froid carottage de ces registres ? Comment restituer le visage de quelque trois millions d’habitants ? Pour les incarner, l’institution exploite notamment le reportage « La France travaille », réalisé par François Kollar durant cette décennie.
2000 précieux clichés
Formé à l’image publicitaire après avoir quitté, en 1924, Bratislava, dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie, pour Paris, le jeune homme se fait remarquer lors de l’Exposition internationale de photographie, en 1930, à Munich, en Allemagne. Là, il côtoie Florence Henri, André Kertész ou Germaine Krull : la crème de l’avant-garde photographique.
En 1931, il reçoit la commande d’une enquête fleuve qui vise à documenter la France industrielle. Jusqu’en 1934, il arpente plus de 20 départements pour rencontrer ouvriers et employés, découvrir ateliers et usines.
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