
Le spécialiste des arbres et des forêts tropicales Francis Hallé est mort le 31 décembre à l’âge de 87 ans, a annoncé son association. Botaniste de renom, chercheur reconnu par ses pairs pour ses travaux sur la réitération (ou multiplication végétative) et l’architecture des arbres, il était surtout connu du grand public pour son dernier projet : la recréation, en Europe de l’Ouest, sur une superficie de 70 000 hectares, d’une forêt primaire, n’ayant donc jamais été exploitée, interdite à toute activité humaine autre que scientifique pendant au moins… sept cents ans.
Les expéditions scientifiques du Radeau des cimes sur la biodiversité de la forêt, entreprises de 1986 à 2012 en Amérique latine, en Afrique et en Asie, l’avaient déjà largement fait connaître. Il avait été l’un des premiers scientifiques de terrain à mettre en avant la fonction irremplaçable des vastes forêts tropicales dans la régulation climatique, et leur rôle tout aussi essentiel dans la préservation de la biodiversité.
Né le 15 avril 1938 à Seine-Port (aujourd’hui en Seine-et-Marne) dans une famille de sept enfants, Francis Hallé comptait parmi ses ancêtres un peintre du XVIIIe siècle qu’il qualifiait lui-même d’« ennuyeux » et un médecin qui eut pour principal patient l’empereur Napoléon. Dans ses années de formation, il subit l’influence stimulante de son frère Nicolas Hallé (1927-2017), chercheur du Muséum national d’histoire naturelle et dessinateur naturaliste.
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