jeudi, février 12

Réplique d’une association de juristes concernant Francesca Albanese. Les Juristes pour le respect du droit international (Jurdi) ont annoncé, jeudi 12 février, déposer un signalement pour « diffusion de fausses nouvelles » devant la justice après des propos « frauduleusement » attribués par des parlementaires à la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés.

Un groupe de députés a écrit mardi au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, pour dénoncer des propos « antisémites » de Francesca Albanese qui aurait, selon eux, « désigné Israël comme un ennemi commun de l’humanité » et pour demander que la France « œuvre » pour qu’elle soit « déchue de tout mandat onusien ».

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Interpellé mercredi par l’une de ces députés, Caroline Yadan (Ensemble !, 8e circonscription des Français établis hors de France), Jean-Noël Barrot a demandé devant le Parlement la démission de Francesca Albanese pour ses « propos outranciers et coupables qui visent, non pas le gouvernement israélien dont il est permis de critiquer la politique, mais Israël en tant que peuple et en tant que nation, ce qui est absolument inacceptable ».

Berlin a aussi appelé, jeudi, à la démission de la rapporteuse de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés. « Mme Albanese s’était déjà permis de nombreux écarts par le passé. Je condamne ses récentes déclarations sur Israël. Elle ne peut tenir dans sa fonction », a jugé sur X le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul.

« Atteinte grave au principe d’indépendance des mécanismes onusiens »

Francesca Albanese dénonce, elle, des « accusations mensongères » et une « manipulation » de ses propos.

Pour l’association Jurdi, ces accusations « constituent une atteinte grave au principe d’indépendance des mécanismes onusiens et soulèvent la question de la diffusion d’informations manifestement inexactes par des autorités publiques ».

Jurdi a affirmé avoir déposé en conséquence « un signalement auprès du procureur de la République de Paris pour des faits susceptibles de constituer le délit prévu par la loi en matière de diffusion de fausses nouvelles, au regard des propos frauduleusement imputés à Mme Francesca Albanese ».

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« Une telle présentation, émanant d’une autorité publique et relayée dans un cadre institutionnel, est susceptible de constituer une diffusion de fausses nouvelles, au sens où elle attribue à une experte onusienne des propos qu’elle n’a ni tenus ni soutenus », poursuit Jurdi.

« Je n’ai jamais, jamais, jamais dit ‘Israël est l’ennemi commun de l’humanité' »

Les propos de Francesca Albanese « ne visent ni un peuple ni une nation, mais des systèmes politiques, économiques et juridiques », insiste l’association.

Des parlementaires et responsables écologistes ont également adressé jeudi un courrier au ministre Jean-Noël Barrot, lui demandant de « clarifier » sa déclaration et de « revenir sur l’appel à la démission » de Francesca Albanese.

Le porte-parole du Quai d’Orsay a souligné jeudi que « la France a, à de multiples reprises, eu l’occasion de s’inquiéter des prises de position de Madame Albanese sur les dernières années ». « C’est l’ensemble de ses propos qui fait que le ministre appelle à sa démission », a affirmé Pascal Confavreux en rappelant que si les dernières déclarations de Francesca Albanese sont « inacceptables », le ministre n’avait pas « cité cette phrase-là (sur un « ennemi commun », NDLR) dans l’hémicycle ».

Intervenant en visioconférence samedi dernier lors d’un forum organisé à Doha par la chaîne Al-Jazeera, Francesca Albanese avait évoqué un « ennemi commun » qui a permis, selon elle, un « génocide » à Gaza.

« Le fait qu’au lieu d’arrêter Israël, la plupart des pays du monde l’aient armé, lui aient fourni des excuses politiques, un parapluie politique, ainsi qu’un soutien économique et financier, est un défi », a-t-elle notamment affirmé.

Interrogée mercredi sur cette polémique par France 24, elle a répondu : « Je n’ai jamais, jamais, jamais dit ‘Israël est l’ennemi commun de l’humanité' ». « J’ai parlé des crimes d’Israël, de l’apartheid, du génocide et j’ai condamné comme l’ennemi commun le système qui ne permet pas d’amener en justice et d’amener à une cessation des crimes d’Israël », a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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