Une opération de sauvetage se précise pour l’orque en perdition dans la Seine

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Une orque en perdition dans la Seine, la scène est pour le moins atypique. Repérée pour la première fois le 16 mai près du pont de Normandie, elle se trouve désormais en grande difficulté entre Le Havre et Rouen. Vraisemblablement malade ou blessée, son pronostic vital est engagé. « Elle est très affaiblie et amaigrie. Son corps est couvert de mycoses. Mais depuis quelques jours, son état reste stable », indique Sophie Poncet, spécialiste des mammifères marins pour l’Office français de la biodiversité (OFB).

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Pour venir en aide à l’animal et l’attirer en mer, la préfecture de la Seine-Maritime met sur pied une opération de sauvetage, programmée samedi 27 mai au matin. « La décision a été prise de privilégier une méthode d’intervention douce, visant à assurer un monitoring à distance de l’animal par le recours à un drone, coordonné avec une intervention visant à assurer une diffusion de stimuli sonores [sons émis par une population d’orques] », explique-t-elle dans un communiqué. « On espère que ça lui enverra des signaux positifs pour descendre la Seine », abonde Sophie Poncet. L’expérience est une première en France, mais a déjà été couronnée de succès sur un groupe d’orques en Norvège.

Périmètre de protection

Mercredi, des mesures ont déjà été prises pour surveiller l’orque, espèce par ailleurs protégée. Un périmètre de protection a été instauré, avec un avis de navigation et une interdiction de s’approcher de l’animal à moins de 100 mètres pour les particuliers. Des opérations de surveillance sont également organisées en collaboration avec l’OFB et le Groupe d’étude des cétacés du Cotentin (GECC).

Nul ne sait si l’opération sera couronnée de succès. « En Norvège, l’expérience avait été menée sur un groupe, moins loin de la mer, et sur des animaux a priori en meilleure santé. Donc ça complique vraiment la manipulation et rien ne laisse présager de son résultat », rapporte Sophie Poncet. Dotée d’une intelligence particulière, l’orque en difficulté pourrait aussi comprendre le subterfuge et ne pas se laisser attirer vers les signaux sonores.

« Le contact prolongé avec l’eau douce peut engendrer des problèmes de peau, des infections, des ulcères », Agnès Benet, docteure en biologie marine

« C’est assez complexe d’intervenir car l’orque est un gros animal et la Seine un espace particulier, poursuit Sophie Poncet. Il faut que l’intervention soit la plus douce possible pour éviter de stresser l’animal. » Le cétacé, probablement un mâle, mesure entre 4 et 5 mètres et pèserait plus d’une tonne. La préfecture rappelle qu’il s’agit d’un « animal sauvage » à l’instinct grégaire, qui pourrait « représenter un risque pour les personnes ».

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