Transition de l’agriculture : Marc Fesneau annonce « près d’un milliard d’euros » supplémentaires au budget 2024

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Installation et accès à la terre des jeunes agriculteurs, planification écologique : le gouvernement va augmenter de « près d’un milliard d’euros » le budget 2024 de l’agriculture pour accompagner ces transitions, a annoncé le ministre Marc Fesneau dimanche 10 septembre.

Cette somme s’ajoutera aux quelque 5,9 milliards d’euros du budget agricole français en 2023, soit une hausse d’environ 15 %, a souligné le ministère, en marge d’un discours de M. Fesneau lors du rassemblement « Terre de Jim », à Cambrai (Nord), organisé par le syndicat des Jeunes agriculteurs (JA), proche du syndicat majoritaire FNSEA. L’effort supplémentaire, par rapport à 2023, atteindra « 2,6 à 2,7 milliards » d’ici 2026, a ajouté le ministre.

Dans le débat budgétaire, M. Fesneau a aussi annoncé la possibilité de créer des « incitations fiscales » pour soutenir les services de remplacement des agriculteurs, des services cruciaux pour les éleveurs qui ne peuvent laisser leur cheptel pour partir en vacances, et sont souvent victimes d’épuisement professionnel.

« Souveraineté alimentaire »

Dans son discours, Marc Fesneau a annoncé que le projet de loi d’orientation agricole, qui avait initialement été annoncé pour l’automne, devrait être « examiné au Parlement d’ici le mois de décembre, en première lecture probablement à l’Assemblée nationale ».

Un « fonds de portage » des terres agricoles d’un montant de 400 millions d’euros sera mis en œuvre « dans les mois qui viennent », a annoncé M. Fesneau, qui souhaite une logique « d’accompagnement » plutôt que de « normes », souvent décriées par les agriculteurs. Ce fonds interviendra en participation dans des fonds de portage nationaux ou régionaux qui, eux, achètent du foncier pour le mettre à disposition d’agriculteurs. « L’accès au foncier est au cœur de l’enjeu de l’installation dans le milieu agricole, a rappelé le ministre. C’est de plus en plus un obstacle à l’installation de jeunes agriculteurs. »

Dans un monde vieillissant qui compte de moins en moins de chefs d’exploitation, 60 % des candidats à l’installation en agriculture sont en effet connus sous l’acronyme de « NIMA » (non issus du monde agricole), et donc sans terre ni capital matériel, selon les chambres d’agriculture. Celles-ci devraient d’ailleurs être mises à contribution, avec une hausse de leurs budgets, pour devenir les pivots des transmissions d’exploitation, avec notamment la création d’un réseau « France service agriculture », a également annoncé le ministre.

« Il faudra s’assurer de la capacité de résilience des projets [de nouvelles exploitations], en particulier face au dérèglement climatique », a averti Marc Fesneau. Dans le cadre de la planification écologique, 500 millions d’euros sont prévus pour réduire l’emploi des produits phytosanitaires et 100 millions d’euros pour un plan protéines végétales.

Voir aussi : Face au changement climatique, l’agriculture trace de nouveaux sillons

Le gouvernement prévoit aussi un « fonds de souveraineté alimentaire et de transition écologique » pour « permettre aux exploitations agricoles d’adapter localement leur modèle économique aux exigences de décarbonation des activités, de développement de la production d’énergie renouvelable ou d’adaptation au changement climatique ».

Le collectif Nourrir, porté par 54 associations représentant des producteurs, des consommateurs, des militants écologistes ou du commerce équitable (dont la Confédération paysanne et Greenpeace), a regretté que cette présentation ait été faite devant le seul syndicat agricole des JA.

« La création de France service agriculture aurait pu représenter un symbole fort de changement, mais nous ne voyons pas de changement significatif » qui permettrait aux « NIMA » d’accéder à la terre pour assurer la transition agroécologique, déclare ce collectif dans un communiqué, dénonçant « une trop grande concentration des terres ».

Le Monde avec AFP

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