Sandrine Rousseau, quoi qu’il en coûte

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Sandrine Rousseau pleure. Ce n’est pas grand-chose, juste une larme qui coule le long de sa joue. La députée (Europe Ecologie-Les Verts, EELV) de Paris s’interrompt. Elle était en train de refaire le récit de l’affaire Denis Baupin, ce ténor du parti écologiste qu’elle a accusé, en 2016, d’agression sexuelle. Cinq autres femmes se tenaient à ses côtés pour dénoncer le harcèlement et les appels téléphoniques malveillants de l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale.

Un an plus tard, elle quittait son parti et la vie politique. Après avoir échoué, au passage, à prendre la tête du mouvement, puis à se faire élire députée. « A ce moment-là, je sombre, rembobine-t-elle. Dans le parti, ils ne comprennent pas. Ils ne se rendent pas compte. C’était une période dure, c’est encore difficile d’en parler… », s’excuse-t-elle, avant de fixer le vide.

« Dès que j’ouvre la bouche, j’ai l’impression que la moitié de la France est en position latérale de sécurité. » Sandrine Rousseau

En ce début du mois de septembre, Sandrine Rousseau n’a pas encore provoqué la démission de Julien Bayou, le secrétaire national d’EELV, en étalant à la télévision de façon nébuleuse les accusations de violences psychologiques que l’ex-compagne de ce dernier porte contre lui. Du « maccarthysme », a-t-il contre-attaqué, accusant sa rivale, dans un entretien au Monde, d’« instrumentaliser » le privé « à des fins politiciennes ».

Pour l’instant, la France remâche la dernière polémique offerte par la députée, qui voit dans le barbecue un « symbole de virilité » poussant à consommer toujours plus de viande, au détriment de l’environnement. Le feu prend si bien que des hommes s’arrêtent parfois dans la rue pour l’insulter. « Dès que j’ouvre la bouche, j’ai l’impression que la moitié de la France est en position latérale de sécurité », feint-elle de s’étonner devant un risotto végétarien, dans un restaurant du 13e arrondissement de la capitale, sa terre d’élection et son lieu de résidence depuis juin.

Que faire de ces pleurs ? Il est rare qu’un responsable politique laisse libre cours à un tel transport devant un journaliste. Cherche-t-elle à attendrir son interlocuteur ou bien se montre-t-elle sincèrement épuisée des polémiques qu’elle engendre ? « Sandrine a un rapport à l’engagement centré sur ce qu’elle vit, c’est un moteur. Elle est toujours à bout de souffle, dans la souffrance, avec un côté sacrificiel », analyse l’eurodéputé David Cormand, ancien patron d’EELV, qui ne la porte pas dans son cœur.

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