Retraites : le gouvernement accusé de mener une réforme « anti-femmes »

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Le gouvernement a bien du mal à tenir un discours cohérent sur sa réforme des retraites. Alors que le ministre du travail, Olivier Dussopt, a soutenu dans Le Journal du dimanche du 22 janvier qu’elle ne fera « pas de perdants », d’autres voix, au plus haut sommet de l’Etat, ont reconnu l’existence d’incidences défavorables, en raison du recul de l’âge légal de départ. Du pain bénit pour les oppositions, qui y ont vu un aveu de l’exécutif sur le caractère « injuste » des mesures prises.

La controverse a émergé, lundi 23 janvier, quelques heures après la présentation en conseil des ministres du projet de loi relatif à la réforme. Le texte a été accompagné d’un rapport gouvernemental de cent douze pages sur ses « objectifs » et sur ses « effets ». Celui-ci montre entre autres que les femmes devront repousser l’âge auquel elles prennent leur retraite de façon plus importante que les hommes : le décalage sera de sept mois pour elles contre cinq mois pour eux s’agissant de la génération 1966, de neuf mois contre cinq mois pour la génération 1972, et de huit mois contre quatre mois pour la génération 1980.

Lire aussi : Réforme des retraites : pour les femmes, des mesures à double tranchant

La mise en évidence de cette différence selon le sexe a immédiatement retenu l’attention et embarrassé plusieurs représentants du pouvoir. Questionné, lundi soir, à ce sujet, lors d’une émission sur La Chaîne parlementaire, Franck Riester, le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, a répondu, après un raisonnement pas totalement limpide, que « les femmes sont évidemment un peu pénalisées », ajoutant : « On n’en disconvient absolument pas. (…) On n’a jamais dit (…) que tout le monde était gagnant, on demande un effort aux Français. » Le lendemain, sur Franceinfo, Clément Beaune, le ministre délégué aux transports, a également déclaré que, « parfois, le saut va être un tout petit peu plus grand » pour les femmes.

Un « faux procès » selon Borne

Dans leurs interventions respectives, ces deux membres du gouvernement ont souligné que la réforme contient des dispositions qui profitent particulièrement aux femmes : par exemple, la revalorisation du minimum de pension ou la prise en compte de périodes de congé parental pour être éligible au système des carrières longues. Elles vont aussi, a précisé M. Beaune, tirer parti du fait que l’âge d’annulation de la décote est maintenu à 67 ans, car les études montrent que ce sont plus souvent elles qui doivent aller jusqu’à cette borne pour éviter un malus qui viendrait amputer leur pension. Avec tous ces paramètres mis « bout à bout, je crois qu’on arrive à un équilibre », a estimé le ministre délégué aux transports.

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