renfort, masques FFP2, les réponses du gouvernement après les mobilisations

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Après la mobilisation de près de 78 000 enseignants, jeudi 13 janvier, une réunion s’est improvisée entre les syndicats et Jean-Michel Blanquer. Le ministre a annoncé plusieurs mesures pour répondre aux réclamations du personnel de l’Education nationale mais aucun changement de protocole n’est prévu.

L’essentiel

  • Près de 78 000 enseignants, personnels de l’Education nationale et parents d’élève ont répondu à l’appel des syndicats pour manifester, le jeudi 13 janvier, contre la “pagaille indescriptible” causée par le protocole sanitaire dans les établissements scolaires. Le ministère de l’Intérieur a compté 136 actions de mobilisation, selon lui le cortège parisien était le plus fourni avec 8200 manifestants.
  • Les syndicats avaient annoncé un mouvement de grève massif et historique mais les chiffres des organisations syndicales et du ministère sur le taux de participation se contredisent. D’après le SNUipp-FSU et le SNES-FSU 75% des enseignants du primaire faisaient grève en plus des 62% des professeurs grévistes dans le secondaire, tandis que selon le communiqué du ministère ils n’étaient que 31% des enseignants à avoir fait grève, soit 38,48% dans le premier degré et 23,73% dans le secondaire.
  • L’ampleur de la grève dans les écoles a contraint le gouvernement à organiser une réunion entre les représentants syndicaux de l’enseignement, Jean Castex, Jean-Michel Blanquer et Olivier Véran. Le ministre de l’Education nationale a pris la parole à l’issue de l’entrevue pour annoncer des mesures de renfort dans les écoles : la livraison de 5 millions de masques FFP2, notamment aux enseignants de maternelle, le recrutement de 3300 enseignants contractuels en plus d’assistants éducatifs et de médiateurs.

A l’appel des syndicats, les enseignants sont appelés à quitter les classes pour manifester dans la rue. Des cortèges se sont élancées dans les grandes villes de France. Le syndicat Unsa Education a mis en ligne une carte de France avec l’ensemble des manifestations d’enseignants recensées pour cette journée du 13 janvier. Nous la relayons ci-dessous :

  • À Paris, le cortège s’est élancée à 14h au jardin du Luxembourg, où siège le Sénat. C’est dans cet hémicycle que le texte de loi sur le pass sanitaire est examiné cette semaine.
  • À Lyon le cortège est parti à 14h du DSDEN du Rhône jusqu’à la préfecture.
  • À Marseille, les manifestants sont partis à 10h30 de la Porte d’Aix
  • À Lille, début de la manifestation à 14h30 porte de Paris
  • A Bordeaux, le cortège s’est élancé à 12h place de la Victoire
  • A Nantes, la manifestation a démarré à 11h place du maréchal Foch

Pourquoi les enseignants ont-ils fait grève ce jeudi 13 janvier ?

La circulation très active de l’épidémie et la multiplication des cas de contamination et de cas contact a poussé le gouvernement a établir une stratégie de freinage articulée autour des tests. En cas de détection d’un cas de Covid dans une classe, tous les élèves doivent procéder à 3 autotests sur 5 jours. Malgré les assouplissements apportés au protocole sanitaire à l’école (pas de test PCR, pas de renouvellement du processus dans les 7 jours notamment), les syndicats estiment que le gouvernement fait reposer l’effort pour contrer l’épidémie de manière intenable sur les enfants et le corps enseignants. “C’est un casse-tête”, a dénoncé Nageate Belahcen sur France Info, qui a listé plusieurs revendications très concrètes : “On demande des moyens matériels supplémentaires pour protéger les élèves et personnels éducatifs. […] On demande aussi des masques chirurgicaux pour les élèves, ça devient un budget pour les familles. On demande soit des créneaux prioritaires pour les élèves et leurs familles, soit des tests salivaires. On demande que le budget de l’école soit prioritaire car la situation le demande”. La FCPE demande aussi que des capteurs de CO2 et des purificateurs d’air soient installés dans les établissements et souhaite que l’exécutif lève tous les obstacles administratifs : “On est entre le marteau et l’enclume, c’est-à-dire que le gouvernement nous renvoie aux collectivités et les collectivités nous renvoient au gouvernement. Ce n’est pas à nous de prendre ce genre de décision”, a tancé Nageate Belahcen.

La CGT ne dit pas autre chose, dans son communiqué de presse mis en ligne sur son site Internet : “Malgré une amplification jamais vue de l’épidémie, l’École ne bénéficie pas de l’organisation protectrice qui serait nécessaire pour assurer la sécurité des élèves, des personnels et de leurs familles. Les retours au compte- gouttes des élèves générant des aménagements pédagogiques rendent difficiles les conditions d’apprentissage. Pénurie des remplacements, gestion des tests et des absences des élèves dégradent fortement les conditions de travail”.

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