Réforme des retraites : les syndicats annoncent une France bloquée mardi

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Les leaders syndicaux ont prévenu : la France sera « à l’arrêt » le 7 mars. Et peut-être au-delà puisque l’intersyndicale dans le secteur des transports appelle à la grève reconductible à compter de lundi 6 mars 19 heures sans date de fin. Derrière l’unité à la SNCF ou à la RATP, on entend toutefois, depuis le début du mouvement, un bémol : « notre mobilisation ne doit pas permettre aux autres de faire grève par procuration », répètent les cheminots, qui surveillent leur pouvoir d’achat. La suite de leur mouvement dépendra donc de l’engagement des salariés des autres secteurs et notamment de ceux du privé. Message reçu cinq sur cinq par les électriciens qui se sont, eux, mobilisés avant le week-end, et par les routiers, qui, à l’appel de Force ouvrière (FO), commencent à débrayer dimanche 5 dans la soirée et préparent, dans la semaine le blocage de plateformes logistiques importantes. Les autres syndicats de chauffeurs routiers – CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC – se concentrent sur la grève des 7 et 8 mars et les rejoindront en organisant aussi des « barrages filtrants », notamment aux frontières.

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La Confédération paysanne a aussi contacté FO pour bloquer certains ronds-points. Autre mobilisation attendue : celle des salariés des abattoirs pour qui, les négociations annuelles obligatoires sur les salaires commencent avec des propositions très basses, et jugées inacceptables. « Cela a déclenché une très grosse colère, préviennent Frédéric Souillot, secrétaire général, et Patricia Drevon, secrétaire confédérale chargée de l’agroalimentaire, chez FO : l’intersyndicale a décidé de bloquer la production de lundi soir à vendredi. Le week-end prochain, il pourrait y avoir moins de viande dans les rayons des supermarchés ». Chez Airbus, où le mouvement contre la réforme coïncide aussi avec les discussions salariales, FO attend un mouvement de grève suivi. Chez Stellantis, la CFDT insiste : « aucune voiture ne doit sortir des usines » et bloquera les ronds-points à proximité en distribuant des tracts.

L’énergie, aux avant-postes

Dès le jeudi 2 mars, l’avertissement au chef de l’Etat a résonné fort dans le patio Georges-Séguy de la CGT : « Emmanuel Macron, si tu continues, il va faire tout noir chez toi !  », ont scandé des militants au siège de l’organisation syndicale, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Majoritaire chez les électriciens et les gaziers, la fédération CGT Mines-énergie entend bien « durcir le ton », avec « une semaine noire » à compter du lundi 6 mars. Diverses modalités sont possibles : mises à l’arrêt de sites, comme des centrales nucléaires ; actions à la façon de « Robins des bois » de l’électricité, destinées à rétablir le courant chez certains ménages ; ou encore coupures ciblées, par exemple de permanences parlementaires d’élus favorables à la réforme des retraites. « Nous ne ferions que suivre les instructions du gouvernement, qui recommande la sobriété énergétique pour les bâtiments non essentiels, ironise Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la CGT Mines-énergie. Nous, nous considérons que la permanence d’un élu incapable d’écouter la colère et l’opposition des travailleurs n’est pas essentielle. »

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