Réforme des retraites : Les Républicains continuent de se diviser, même après le 49.3

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Entre la majorité et le parti Les Républicains (LR), le mariage de raison a sans doute vécu, et certains députés Renaissance demandent déjà les papiers pour le divorce. Un macroniste évoque ces « avec les LR plus jamais » lancés par certains de ses collègues. Jeudi 16 mars, le recours à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote la réforme des retraites marque un échec : celle de l’alliance avec LR.

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A qui la faute ? A une droite parlementaire divisée ou à un gouvernement qui n’a pas voulu ou su le voir ? Depuis des semaines, Elisabeth Borne compte et recompte les voix LR et connaît par cœur les noms des 61 députés. Leurs intentions, moins. L’accord de janvier entre la première ministre et le nouveau président de LR, Eric Ciotti, devait garantir sur le papier la quarantaine de voix nécessaires pour offrir un matelas de sécurité au texte à l’Assemblée nationale.

Problème, le matelas en question s’est très vite déplumé. Jeudi matin, ils sont entre 28 et 32 prêts à appuyer sur le bouton, selon les derniers sondages réalisés à la volée par les responsables du groupe. Le 49.3 devient inévitable, mais Eric Ciotti refuse de passer d’allié choyé à coupable tout désigné. « Il est facile de faire porter aux Républicains cette responsabilité. Cet échec, il est celui d’une méthode : celle du gouvernement », déclare l’élu des Alpes-Maritimes.

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« Il faut prendre ses responsabilités »

A quelques mètres de lui, Aurélien Pradié ne dit pas autre chose. Cerné par les caméras dans la salle des pas perdus, à l’Assemblée nationale, le frondeur le plus écouté et médiatisé dénonce aussi un « échec du gouvernement » à convaincre le Parlement et évoque le « risque de rupture démocratique » avec l’utilisation du 49.3. Mais quelques minutes plus tôt, en réunion de groupe, le député du Lot a plaidé pour le dépôt d’une motion de censure au nom de son parti. Une proposition rejetée. « Nous ne nous associerons à aucune motion de censure et ne voterons aucune motion de censure, prévient M. Ciotti. Nous ne voulons pas rajouter du chaos au chaos. »

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Mais certains parlementaires brandissent déjà leur liberté de vote. Frustrés par ce 49.3, ils veulent dire « non » d’une façon ou d’une autre au gouvernement et, par la même occasion, au président de la République, Emmanuel Macron. « Il faut prendre ses responsabilités, estime Pierre Cordier, élu des Ardennes. Je n’imagine pas retourner dans mon département sans avoir voté quelque chose. S’il y a trois motions, je voterai peut-être les trois. »

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