RATP : la nomination de Jean Castex à la présidence du groupe approuvée à l’Assemblée et au Sénat

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« Répondre aux attentes des usagers » : ce sera la première priorité de Jean Castex, qui vient d’obtenir l’aval des commissions compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat à sa nomination à la tête de la RATP. Entendu mardi soir par les membres de la commission de l’aménagement du territoire du Sénat puis, mercredi 9 novembre au matin, par ceux de la commission du développement durable de l’Assemblée, l’ancien premier ministre a recueilli, au total, 52 voix pour et 27 contre sa nomination au poste de PDG de la Régie. Celle ci doit maintenant être confirmée en conseil des ministres.

« Ma priorité des priorités, c’est le cœur de métier, et le cœur de métier, c’est répondre aux attentes des usagers » en Ile-de-France où la RATP a actuellement du mal à faire circuler correctement ses bus et ses métros, a-t-il déclaré. La première difficulté, « l’urgence absolue », « c’est celle de la continuité et de la qualité du service », a-t-il reconnu. La faute à une pénurie de conducteurs due à des difficultés de recrutement et à un fort absentéisme. Il se donne trois semaines pour établir un « diagnostic partagé » et « trouver des outils supplémentaires » pour rétablir la situation, avec un « enjeu de qualité de vie au travail ». M. Castex entend en particulier accroître la présence humaine au contact des voyageurs, et « humaniser au maximum [le] service ».

Concernant les salaires, il entend anticiper l’ouverture des négociations annuelles obligatoires (NAO) avec les syndicats dès sa prise de fonction. Les agents ont déjà bénéficié d’une hausse moyenne de 5,2 % des rémunérations cette année, a-t-il remarqué à la veille d’une grève qui s’annonce très suivie. Plus généralement, les priorités du prochain patron de la RATP seront la ponctualité, la régularité, la propreté, la sécurité, la lutte contre la fraude, la qualité de l’information donnée aux voyageurs et la modernisation de la « billettique ». Le credo de l’ancien premier ministre sera « écoute, concertation, proximité ».

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Parler à Christophe Béchu

Jean Castex compte en particulier faire « un état des lieux très précis de ce qui marche [et] de ce qui ne marche pas » avec Ile-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité régionale des transports présidée par Valérie Pécresse. Parmi les « difficultés » qui attendent le futur PDG de la RATP, proposé par Emmanuel Macron, M. Castex a aussi cité l’envolée de la facture d’électricité, qui devrait passer de 210 millions d’euros l’an dernier à environ 265 millions cette année et atteindre entre 480 et 550 millions l’an prochain. « Il va falloir voir (…) quelles solutions peuvent être trouvées avec IDFM et avec l’Etat », a-t-il noté.

A ce propos, M. Castex a précisé qu’il parlerait de concurrence au gouvernement avec le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu, puisque la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique lui a interdit d’aborder cette question particulière avec des ministres qui siégeaient dans son gouvernement, ce qui n’était pas le cas de M. Béchu.

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Quant à l’important développement des filiales de la RATP, hors d’Ile-de-France et dans de nouveaux secteurs, ces dernières années, M. Castex est moins enthousiaste. « La diversification des activités est importante, elle fait sens, mais en aucune manière elle ne doit nous détourner de notre mission première et fondamentale », a-t-il remarqué. En clair : la priorité est désormais de faire fonctionner la RATP en Ile-de-France et la Régie devrait « recentrer » son action hors de son domaine historique, par exemple en se concentrant sur les métros automatiques, selon lui.

Jean Castex, qui est depuis le 18 août président de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFIT), souhaite « se rendre utile pour la Nation ». « Je ne cherche pas à être recasé. (…) Quand on veut recaser des amis, c’est plutôt dans des sinécures. Je ne suis pas certain que ce soit le cas », a-t-il lancé, rappelant qu’il est passionné de transports et qu’il avait été, en 2019, candidat pour diriger la SNCF. « Les défis ne manquent pas et ça me motive beaucoup. » Et, s’il ne veut plus faire de politique, M. Castex a insisté sur la nécessité d’investir dans les transports publics.

Le Monde avec AFP

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