Procès de Michel Mercier : Joëlle Mercier, « guide » lyonnaise et salariée de son mari sénateur

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Joëlle Mercier est peut-être passée à côté de sa vocation. L’épouse de l’ancien ministre de la justice, Michel Mercier, organisait d’aimables déplacements à caractère culturel pour les femmes de notables lyonnais, deux ou trois fois par an pendant seize ans, afin de visiter une exposition, un musée, goûter les crus du Beaujolais ou bien encore passer une agréable journée au bord d’un lac : 45 « événements », dont ont bénéficié au moins 783 invitées, aux frais du conseil général du Rhône dont Michel Mercier était président de 1990 à 2013. Ces dames ont aussi appris la délicate cuisson du homard et, pour les plus motivées, reçu des cours d’escrime.

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Mme Mercier, en parfaite cicérone, s’occupait de tout, bien qu’elle n’ait été ni élue ni employée du département : elle choisissait les invitées, épouses de conseillers généraux, d’avocats, de magistrats, de préfets ou de consuls ; des femmes, en tout cas, qui comptaient à Lyon, « pour promouvoir l’action du conseil général » et « créer un climat de sympathie ». A leur tour, ces « influenceuses » « rencontraient des gens, parce qu’elles participaient à des associations, comme le Rotary », explique l’épouse du sénateur, à la barre du tribunal judiciaire de Paris, où le procès de son mari a commencé le 31 octobre.

Elle trouvait les idées – « exposition “Fascination de l’Antique” au musée gallo-romain », visite « du jardin de roses anciennes et botaniques » –, le service du protocole du département envoyait les invitations – « Joëlle Mercier a le plaisir de vous convier… » –, réservait les autocars et les restaurants. Et payait la facture. N’oubliez pas le guide : l’épouse du président du conseil général a touché du Sénat 84 525 euros de 2005 à 2009 (auparavant, de 1999 à 2005, il y a prescription), et a un peu de mal à démêler ses missions lyonnaises et nationales : « le rôle du Sénat, c’est le développement du territoire, et donc la mise en valeur des départements. Je faisais cela en tant qu’épouse du président, mais aussi en tant qu’assistante parlementaire du Sénat », se défend-elle devant le tribunal.

« Une sorte de bénévolat »

Presque personne au département ne savait qu’elle était attachée parlementaire, même pas le dernier directeur général des services. Michel Mercier ne s’était pas étendu sur la question. « Pourquoi n’avoir pas dit qu’elle était votre assistante au Sénat ? », lui a demandé, jeudi 3 novembre, le Parquet national financier. « Je l’ai dit à tous ceux qui devaient le savoir », a grogné l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui aime à citer saint Vincent de Paul, « le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien ».

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