Près de Montpellier : décédée à 6 h du matin, sa mort n’est constatée que… 11 h plus tard

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Le coup de gueule d’un infirmier face à des situations assez insoutenables pour les familles.

Jean-François Bouscarain ne décolère pas face au manque de moyens que connaît le milieu médical. Une de ses patientes, âgée de 95 ans, que sa famille avait décidé de maintenir en soins palliatifs à domicile afin de lui permettre de décéder chez elle, a ainsi rendu l’âme ce samedi 20 août, vers 6 h du matin.

De Prades-le-Lez à Valergues

La famille a donc logiquement contacté le Samu pour que son décès soit constaté. Ce, afin de pouvoir enclencher toutes les démarches administratives liées à ce triste événement. Mais tout ne s’est pas passé aussi simplement que cela devrait l’être dans ces instants de douleur. “Selon la loi, seul un médecin peut faire un constat de décès, rappelle l’infirmier. Or son médecin traitant était en vacances et n’est évidemment pas remplacé. Mes collègues du Samu ont remué ciel et terre, pendant des heures, afin de trouver un praticien qui effectue le déplacement. On n’est pas dans un désert médical pourtant, mais bien à Valergues !”

“Est-ce qu’on imagine le traumatisme de la famille ?”

C’est en effet dans cette ville proche de Montpellier que se rendra finalement un médecin venu de… Prades-le-Lez, 11 heures après le décès de la vieille dame. “Est-ce qu’on peut imaginer le traumatisme de la famille ?, s’emporte Jean-François Bouscarain. Ces personnes ont tout fait pour offrir la meilleure fin de vie à leur mère, grand-mère et la fin a été cataclysmique. Imaginez-vous devoir rester 11 heures avec le corps d’un de vos proches sans pouvoir rien faire car il vous manque ce fameux constat !” 

Les infirmiers pour pallier les difficultés ?

L’infirmier, dont le cabinet a suivi le parcours palliatif de cette personne jusqu’à son dernier souffle, a même été jusqu’à contacter, ce samedi, Pascal Durand, directeur du premier recours à l’ARS (Agence régionale de santé) pour discuter avec lui de cette mésaventure, plaidant pour que les infirmiers puissent seconder les médecins sur ce type d’acte : “Et il est d’accord là-dessus ! Nous avons les formations nécessaires. Sur ces cas simples, qu’est-ce qu’un médecin fait de plus que nous, qui connaissons en plus parfaitement la personne et sa famille ? Ce qui est arrivé aujourd’hui n’est malheureusement pas un fait isolé. Il va vraiment falloir les pouvoirs publics en prenne conscience, car c’est un véritable outrage fait aux familles. On est très loin de l’humanité à laquelle on doit s’attendre dans ces situations…” 

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