Paris : critiquée sur la hausse de la taxe foncière, Anne Hidalgo contre-attaque

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Sans surprise, une semaine après la réception, par les propriétaires parisiens, de leur avis d’imposition locale, la polémique sur l’augmentation de 52 % de la taxe foncière se ravive. Mercredi 6 septembre, Rachida Dati, maire du 7e arrondissement et cheffe de file de l’opposition municipale Les Républicains (LR), a sauté sur l’occasion pour vilipender, dans une lettre aux Parisiens, « la trahison » de la maire de Paris qui s’était engagée, lors de sa réélection en 2020, à ne pas augmenter les impôts locaux.

Mme Dati reproche à Mme Hidalgo de faire « exploser le montant de la taxe foncière » imposée aux contribuables. Selon ses propres calculs, l’augmentation serait même de « 62 % » et elle évalue la dette de la ville de Paris à « 10 milliards d’euros ». Rachida Dati dénonce l’« incapacité » de la maire de Paris à gérer les finances publiques et réclame « en vain un audit indépendant ». « Les Parisiens ont le droit de savoir où va l’argent pour une vie quotidienne totalement dégradée », insiste l’élu LR.

Déjà, en novembre 2022, l’annonce de cette hausse massive par Anne Hidalgo avait provoqué un tollé. Catherine Dumas, sénatrice et vice-présidente du groupe LR au Conseil de Paris, décrivait une « ville en faillite, minée par la dette » et réclamait une « mise sous tutelle », alors que l’édile avait du mal à boucler son budget et n’avait trouvé d’autres moyens que cette forte augmentation de la taxe locale.

Lire aussi (2022) : Article réservé à nos abonnés La hausse importante de la taxe foncière agite la Ville de Paris

Gabriel Attal, alors ministre des comptes publics, à qui l’on prête l’intention de viser la conquête de la capitale lors des prochaines élections municipales de 2026, était allé jusqu’à dénoncer la « gestion financière calamiteuse » de la maire socialiste de Paris. En réponse, Paul Simondon, adjoint aux finances d’Anne Hidalgo, un peu pris de court par la virulence ministérielle, accusait le gouvernement de n’avoir pas accédé à sa demande d’augmenter les taxes de séjour pour les hôtels de luxe ou la taxe sur les résidences secondaires. Un levier fiscal indolore qui aurait permis de ne pas toucher au portefeuille des contribuables parisiens.

« Obligations constitutionnelles »

Neuf mois plus tard, les mots échangés ne sont pas beaucoup plus tendres. Mais cette fois, Anne Hidalgo avait prévu une parade. Mercredi, elle a voulu déplacer le débat sur la taxe foncière en annonçant, sur LCI, qu’elle voulait « engager un contentieux contre l’Etat » devant les juridictions françaises et européennes pour dénoncer la politique de dotation budgétaire de l’Etat aux collectivités locales. Une dotation qui, selon elle, est passée de 930 millions d’euros à « zéro », en huit ans. « L’Etat ne respecte pas ses obligations constitutionnelles » en matière de « libre administration et d’autonomie des collectivités locales », s’insurge-t-elle.

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