Mano, le village landais à nouveau évacué

0
73


Ce lundi, 161 pompiers étaient toujours mobilisés à Mano pour arroser les points chauds.

Thibault Toulemonde/ « SUD OUEST »

Une séquence traumatique qui a bouleversé ses plans dès 17 h 30. « Une amie de Saint-Symphorien devait boire le café à la maison. En roulant, elle a vu le feu, alors elle m’a appelé. Je suis sorti, j’ai marché en direction du bourg, et là j’ai vu un grand panache de fumée en bordure de route. J’ai tout de suite compris qu’il fallait partir ». Aussitôt, le Manéen charge sa voiture avec le paquetage qu’il avait emporté le 13 juillet, quand le village entier avait été évacué à cause de la progression du feu de Landiras. « Il n’était pas défait, ça a du bon, la procrastination », ironise-t-il. Avec lui, sa chienne, mais pas ses chats. « J’espère qu’ils vont bien. »

« J’ai dû l’abandonner une deuxième fois. C’est très dur à vivre. C’est ma maison qui me tient debout. »

Accueilli chez des amis à Villandraut, le Landais n’a pas fermé l’œil de la nuit. Son premier réflexe : revenir sur zone. « Là, je vais consulter mon médecin, parce que j’ai peur de craquer, mais après, je vais essayer de m’approcher de ma maison. Voir si elle est toujours là », confie-t-il. Aucune maison n’a (pour l’heure) été engloutie par ce feu de forêt qui, au moment le plus critique, c’est-à-dire dimanche soir, mobilisait 395 pompiers et d’importants renforts aériens, à savoir un Dash, deux Canadair et un hélicoptère bombardier d’eau. « Ils font un boulot monumental. Il va me coûter cher cette année, le calendrier des pompiers. Au moins un lingot d’or ! », s’exclame Jean-Louis Horneman.

Mano solidaire

Cette gratitude, Hélène et Caroline sont en train de l’écrire au feutre sur un drap blanc. Elle tient en quatre mots : « Pompiers gendarmes bénévoles merci ». Sous un soleil de plomb, les jeunes femmes s’appliquent devant leur maison située au bourg, c’est-à-dire en zone non évacuée. Leur banderole doit orner la salle des fêtes, qui sert de lieu de ravitaillement. « Je n’arrive pas à dormir. Je ne suis pas préoccupée pour ma maison ou quoi. Je pense à ces pompiers qui ne nous connaissent pas et qui sauvent nos maisons, notre village. Ça me touche énormément », explique Hélène. « On veut se rendre utile en leur offrant un café, en discutant. Le plus dingue, c’est qu’ils nous disent merci ! », complète Caroline.

Hélène et Caroline confectionnent une banderole de remerciements pour les pompiers, les gendarmes et les bénévoles.


Hélène et Caroline confectionnent une banderole de remerciements pour les pompiers, les gendarmes et les bénévoles.

Thibault Toulemonde/ « SUD OUEST »

Dès dimanche soir, des bénévoles aguerris, venus d’Hostens, ont apporté de quoi nourrir l’armée de pompiers qui luttait contre « un feu violent » et « des pins de cinquante ans, hauts de quarante mètres, qui flambaient comme des torches », contextualise le commandant Stéphane Poyau. À J + 1, celui qui vient de prendre la relève du colonel Duverger au poste de commandement des opérations, décrit une phase tout aussi délicate : « Le feu est contenu sur l’ensemble du périmètre de 300 hectares. Mais il y a des zones sensibles, avec des fumerolles voire des foyers qui repartent dans les zones mal brûlées. » Sur le terrain, 161 sapeurs-pompiers sont toujours mobilisés. On en voit qui pénètrent à pied dans le massif pour arroser les points chauds. À Mano, pas de pare-feu, mais le recours à « un bulldozer qui retourne la végétation pour éviter que le feu sorte du périmètre ».

Dimanche, quarante habitants du quartier de la Cape Nord et Sud ont été évacués et pris en charge par la maire de Mano, Joëlle Boulanger-Banet (à gauche).


Dimanche, quarante habitants du quartier de la Cape Nord et Sud ont été évacués et pris en charge par la maire de Mano, Joëlle Boulanger-Banet (à gauche).

Philippe Salvat/ « Sud Ouest »

Si l’azur reste étonnamment clair, l’inquiétude gagne certains habitants. « Ce qui me fait peur, c’est pas la canicule ou le vent, c’est la piste criminelle. L’idée que quelqu’un a pu faire ça et qu’il n’est pas loin de chez nous », conclut Arnaud Bergey, victuailles sous le bras.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici