les résultats des concours confirment la pénurie d’enseignants

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L’alerte avait été donnée à la mi-mai. Elle est désormais confirmée : les résultats définitifs des concours de recrutement des enseignants du premier degré, qui ont commencé à circuler dans toutes les académies – ou presque –, vendredi 24 juin, confirment, pour la rentrée 2022, les pires craintes agitées par les syndicats d’enseignants : à Paris, 62 enseignants manquent à l’appel (219 postes ouverts pour 157 admis). Il manque 660 postes à Créteil (1 079 postes, 419 admis) et 1 006 à Versailles (1 430 postes, 424 admis), selon les calculs du SNUipp-FSU.

Seulement un poste sur trois pourvu en Ile-de-France ? A ce stade, le « ratio choc » avancé, vendredi matin, par le site d’informations spécialisé Café pédagogique reste à confirmer : on attend encore, pour le 5 juillet, les résultats des deux concours complémentaires du premier degré instaurés, sous la gauche, à Créteil et à Versailles, pour, à l’époque déjà, tenter d’endiguer la tendance.

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Mais difficile d’imaginer qu’ils puissent, à eux seuls, fournir les contingents nécessaires : ces deux concours n’offriraient, à eux deux, que 700 postes – 500 à Créteil, 200 à Versailles, de source syndicale. De son côté, l’éducation nationale préfère attendre les résultats de tous les concours (y compris du second degré) pour communiquer.

Une « crise structurelle » tendant à « se généraliser »

Cette crise du recrutement, particulièrement aiguë dans les académies franciliennes – qui regroupent les zones les plus fragiles –, concerne des territoires jusqu’ici épargnés par les difficultés. Le « taux d’admissibilité » était faible, cette année, dans plusieurs académies, dont Dijon et Montpellier. Cette dernière fait finalement le plein, mais, à Dijon, où il y avait 1,2 admissible pour un poste, six candidats manquent à l’appel. Un déficit d’une petite poignée d’enseignants est aussi à noter à Amiens, à Besançon et à Nice. A Grenoble, il manque onze enseignants. A Nancy-Metz, quatorze postes restent non pourvus.

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Réuni en congrès, à Mulhouse (Haut-Rhin), du 13 au 17 juin, le SNUipp-FSU, syndicat majoritaire au primaire, n’a pas hésité à parler de « crise structurelle » tendant à « se généraliser ». Face à ces sombres prédictions, que faire ? Le SNUipp-FSU appelle à mettre en place des prérecrutements, en s’adossant notamment aux listes complémentaires. Le SE-UNSA a, lui, déposé une « alerte sociale », distinguant des « mesures immédiates » (augmentation du nombre de stagiaires, recrutement en urgence de contractuels…) d’un « travail profond sur l’attractivité » à mener pour tous les métiers de l’éducation. C’est ce que ce syndicat a mis en avant dans un courrier adressé, mercredi 22 juin, au ministre de l’éducation.

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