Les « patriotes basques » d’EHBai se transforment en parti politique

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Lors de son premier congrès, samedi 26 novembre à Bayonne, le mouvement Euskal Herria Bai (EHBai, « oui au Pays basque ») doit se transformer en parti politique. Une façon de capitaliser son influence sociale et culturelle, ainsi que les résultats électoraux croissants de cette mouvance depuis une vingtaine d’années. Laquelle veut passer d’une coalition de diverses sensibilités à un parti structuré autour d’un programme et d’une direction élue.

Au scrutin législatif de juin 2022, les candidats présentés par la coalition Euskal Herria Bai ont recueilli au premier tour en moyenne quelque 10 % des suffrages exprimés dans les trois circonscriptions du département des Pyrénées-Atlantiques, qui couvrent le Pays basque. Un chiffre en progression régulière d’une échéance à l’autre, mais ces « abertzale » (« patriotes basques ») obtiennent de meilleurs résultats lors des rendez-vous locaux, telles les élections cantonales ou les municipales. Déjà en 2014, cette sensibilité s’était fait une place dans les mairies, dans l’opposition à Saint-Jean-de-Luz ou Bayonne, en coalition le plus souvent avec une majorité de gauche, comme à Hendaye.

Aux municipales de 2020, les « abertzale » sont entrés dans d’autres municipalités, prenant sur la côte des Pyrénées-Atlantiques le contrôle de Ciboure et de Urrugne, une ville de plus de 10 000 habitants. « Nous sommes devenus la deuxième force politique au Pays basque derrière les différentes nuances de la famille centriste », estime Nikolas Blain, l’un des responsables d’EHBai. Pour autant, « plutôt qu’un parti, parlons d’un mouvement politique, précise Anita Lopepe, une autre porte-parole. Nous agissons sur les institutions, mais une autre partie de notre activité est dirigée vers les luttes populaires et associatives ».

Le souhait d’une collectivité à statut particulier

Avec à peine quelques centaines d’adhérents, EHBai essaie de compter sur de nombreux sympathisants investis dans les domaines du logement, des migrants, de l’agriculture paysanne, des monnaies alternatives (l’eusko), de l’environnement, de la culture et de l’enseignement en basque. Cet écart entre militants et adhérents limite sans doute une force qui se définit comme de gauche, « abertzale », écologique et féministe : elle dénonce la spéculation et le mal-logement, souhaite un statut pour la langue basque, le respect des droits des prisonniers et une institutionnalisation du Pays basque.

Depuis janvier 2017, ce territoire comptant 330 000 habitants est devenu la Communauté d’agglomération Pays basque. Les « abertzale », qui « y voient un premier pas » et participent à son exécutif. Mais avec d’autres, ils veulent aller vers une collectivité à statut particulier. Ce statut avait été demandé, dès 2013, par la plupart des partis politiques, associations et syndicats locaux, tout en étant écarté avec constance par les différents gouvernements.

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