Les opposants aux mégabassines de Sainte-Soline lancent un « ultimatum » au gouvernement

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Pas de pelles mécaniques dans le cratère déjà formé, mais des gendarmes postés tout autour, sur des talus, derrière des grillages renversés, traces encore visibles du passage des manifestants, samedi 29 octobre. Le chantier de construction de la réserve d’eau d’une capacité de 628 000 mètres cubes pour l’irrigation agricole à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, n’a pas repris, quatre jours après la mobilisation qui a tourné à l’affrontement.

Cependant, le site reste sous étroite surveillance, à la fois par les forces de l’ordre et par les opposants, qui ont édifié, à quelques centaines de mètres de là, en plein champ, une tour de guet entourée de palissades de bois couvertes de tags, dont certains hostiles à l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot, dont la voiture a été vandalisée, samedi. Une construction précaire, qui évoque un village gaulois. Mais aucune ZAD (zone à défendre), tant redoutée par la préfète des Deux-Sèvres, Emmanuelle Dubée, n’occupe encore les lieux.

Des représentants du collectif Bassines non merci, des Soulèvements de la Terre et des « 150 composantes » qui soutiennent le mouvement sont revenus aux abords du chantier, mercredi 2 novembre, pour fixer un « ultimatum » à l’Etat : l’arrêt immédiat des travaux à Sainte-Soline, la suspension du projet de création de seize réserves sur les bassins de la Sèvre niortaise et du Mignon (Deux-Sèvres, Charente-Maritime et Vienne) et « la prise d’un moratoire national sur le stockage de l’eau [à usage agricole] en France ».

« Changer les pratiques »

A Sainte-Soline (Deux-Sèvres), mercredi 2 novembre 2022.

« Vous vous rendez compte que la révolution qu’on propose, c’est de nourrir des herbivores avec de l’herbe », dit en souriant le député européen écologiste et agriculteur en Charente-Maritime, Benoît Biteau, opposant au projet de la Coop de l’eau 79, qui promeut la construction des seize réserves. Benoît Jaunet, éleveur dans les Deux-Sèvres et porte-parole de la Confédération paysanne 79, ne comprend pas « qu’on mette autant d’argent public, autant de forces de l’ordre aussi, pour défendre un projet qui ne concerne que 5 % des agriculteurs des Deux-Sèvres » – des chiffres discutés par la Coop de l’eau 79. Et l’éleveur de réclamer l’aide du ministre de l’agriculture pour « changer les pratiques ».

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« En Poitou-Charentes, on a 200 bassines dans les cartons, qui représentent 400 millions d’euros d’argent public », s’agace Benoît Biteau, pour qui cette somme pourrait accompagner une « bifurcation agroécologique, qui servirait la totalité des agriculteurs ». Le député européen rappelle que les projets de réserves d’eau font actuellement l’objet de trois recours, deux au tribunal administratif de Poitiers, un à la cour d’appel de Bordeaux.

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