« Les élus de proximité restent la meilleure courroie de transmission entre le citoyen et la République »

0
7

La croyance selon laquelle notre modèle démocratique serait en bout en course est répandue. L’abstention grandissante en est un des corollaires et son illustration concrète, même si, à l’approche du congrès des maires de France, il est bon de rappeler que 74,3 % des Français font confiance au maire de leur commune selon une enquête du Cevipof de juillet 2021.

Lire aussi une tribune : Article réservé à nos abonnés « Donnons aux citoyens une véritable place dans notre système politique »

Au-delà même de cette défiance globale et de la désaffection des urnes, il y a bien une volonté de la population d’être gouvernée autrement, avec une meilleure adéquation entre la parole des citoyens et les actes politiques. Ce que nous retrouvons majoritairement dans les villes dites à « portée d’engueulades », de critiques et de propositions des citoyens.

Cette situation traduit bien que la meilleure courroie de transmission entre le citoyen et la République reste les élus de proximité que sont le maire et les conseillers municipaux. C’est leur proximité avec chacun qui fait leur force et rend leur mandat utile aux yeux de la population.

« Au four et au moulin »

Ils sont les hommes et les femmes à tout faire. Ils gèrent les finances municipales, font des choix d’investissements, s’occupent des écoles, des logements, du cadre de vie, de la propreté de la voirie, des problèmes de voisinage, de l’environnement, de la santé, des activités festives, de la culture ou encore de la sécurité. Tout cela est visible pour les citoyens et contribue concrètement au vivre-ensemble.

Pourtant il semble parfois difficile de trouver des candidats prêts à s’investir dans les moyennes et petites communes où polyvalence et responsabilité sont importantes. De surcroît, ces communes ne disposent pas, proportionnellement, des mêmes moyens en fonctionnaires, en personnels et en compétences que les grandes villes telles que Paris, Marseille ou Lyon, ni des mêmes marges de manœuvre pour faire face à l’évolution du coût de la vie, des prix de l’énergie ou de la rénovation de l’habitat.

Lire aussi une tribune : Article réservé à nos abonnés Yves Contassot : « Pour la rénovation énergétique des bâtiments, utilisons le bras armé financier de l’Etat, la Caisse des dépôts »

Dans les moyennes et petites communes, l’édile et son équipe se retrouvent « au four et au moulin », et à devoir continuer à assurer une activité professionnelle. Comment alors renforcer l’attrait pour cette fonction utile et dans des périmètres géographiques où c’est souvent le seul lien avec l’Etat ?

Véritable statut des élus

Des mesures doivent être envisagées pour trouver un meilleur équilibre entre la situation des grandes villes et la réalité des moyennes et petites villes. Ces pistes pourraient porter sur quatre domaines :

  • mettre en place un véritable statut des élus municipaux pour valoriser cette fonction en associant les organisations patronales et l’administration pour permettre la possibilité d’un détachement partiel de l’entreprise ou de l’administration d’origine, en particulier pour les maires, adjoints et conseillers délégués, tout en préservant les garanties liées à leur statut professionnel ;
  • améliorer les indemnités des élus qui restent trop symboliques pour les communes moyennes et petites ;
  • garantir des possibilités de reconversion en cas de non-réélection en valorisant les compétences acquises dans l’exercice de leurs fonctions municipales ;
  • faciliter et développer les possibilités de formation pour les élus ou candidats municipaux.

Il vous reste 34.73% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici