Les débuts « sans enthousiasme » du Conseil national de la refondation sur l’éducation

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Après les annonces, l’heure est à la mise en œuvre. Le gouvernement a lancé, lundi 3 octobre, la déclinaison thématique et territoriale du Conseil national de la refondation (CNR) sur l’école. Point de grande consultation nationale en la matière, mais autant de « concertations locales » que d’écoles, dans la droite ligne de la « nouvelle méthode » que vante Emmanuel Macron depuis sa réélection. Tous les établissements scolaires qui le souhaitent sont invités à « organiser des temps d’échanges ouverts sur la vie et le fonctionnement de leur école, collège ou lycée » à partir de ce début octobre.

Pour le ministre de l’éducation nationale, Pap Ndiaye, qui devait assister à une première concertation dans une école d’Eure-et-Loir mercredi 5 octobre, l’objectif est de « donner plus de liberté d’innovation aux équipes » et de « créer, dans chaque territoire, une dynamique autour de l’école associant les parties prenantes ».

Les discussions, organisées sous la responsabilité du directeur d’école ou du chef d’établissement, sont ouvertes aux personnels des écoles mais aussi aux familles, aux élèves, ou encore aux élus locaux, associations et acteurs économiques de chaque territoire. « Souplesse » est le maître mot du ministère au sujet de ces concertations facultatives, pour lesquelles aucun cadre national strict ni aucun calendrier n’ont été fixés, laissant aux établissements le choix de leur organisation.

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Du côté de la communauté éducative, la circonspection est cependant de mise face à cet « objet mal défini », selon les mots du SNES-FSU, le premier syndicat du second degré. Dans les établissements, on s’interroge sur les contraintes logistiques. « L’organisation de ces concertations nécessite du temps et des moyens, alors que nous avons déjà beaucoup de choses à gérer en raison notamment des manques de ressources humaines, qu’il s’agisse d’infirmières scolaires, de psychologues de l’éducation nationale ou d’enseignants », souligne Radouane M’Hamdi, proviseur dans l’académie de Créteil.

Objectifs confus

Les contours et les objectifs, qui restent confus pour la communauté éducative, alimentent aussi les réticences. « Les chefs d’établissement, déjà échaudés par les initiatives précédentes de même nature et qui n’ont pas débouché sur grand-chose, ne vont pas s’engager avec beaucoup d’enthousiasme », anticipe Bruno Bobkiewicz, proviseur de lycée et secrétaire général du SNPDEN-UNSA, qui syndique la moitié des chefs d’établissement.

En 2004 déjà, la commission Thélot avait fait la synthèse de 26 000 réunions publiques qui avaient rassemblé, dans les établissements, plus de 1 million de participants. En 2020, le Grenelle de l’éducation avait aussi réuni pendant plusieurs mois au niveau national toutes les parties prenantes aujourd’hui invitées à participer aux débats territoriaux.

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