Les “convois de la liberté”, anti-pass vaccinal, bloqués à Paris

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COVID – Partis en convois de toute la France, des milliers d’opposants au pass vaccinal ou au gouvernement se sont arrêtés ce vendredi 11 février dans la nuit aux portes de Paris, interdit d’accès par la préfecture de police tandis qu’Emmanuel Macron appelait “au plus grand calme”.

“Nous sommes tous collectivement fatigués par ce que nous vivons depuis deux ans. Cette fatigue s’exprime de plusieurs manières: par du désarroi chez les uns, de la dépression chez d’autres. On voit une souffrance mentale très forte, chez nos jeunes et moins jeunes. Et parfois, cette fatigue se traduit aussi par de la colère. Je l’entends et la respecte”, a souligné le chef de l’État dans un entretien à Ouest-France. “Mais, ajoute-t-il, “j’en appelle au plus grand calme”.

Les centaines de voitures particulières, camping-cars et camionnettes partis au lever du jour de Lille, Strasbourg, Vimy (Pas-de-Calais) ou Châteaubourg (Ille-et-Vilaine) se sont arrêtés vendredi soir aux portes de Paris, une source policière affirmant qu’aucun convoi n’est entré dans la capitale.

Il faut dire que la réponse policière était ferme. Dans l’Essonne, au sud de Paris, 28 points de contrôle de gendarmerie et de police ont été déployés. En raison de “risques de troubles à l’ordre public”, la préfecture a prévu un “dispositif spécifique” pour “empêcher les blocages d’axes routiers, verbaliser et interpeller les contrevenants”. A 6h du matin, il avait été procédé à 95 verbalisations, a annoncé la préfecture de police.

 

À Paris, le préfet de police Didier Lallement a lui “créé un certain nombre de fourrières provisoires qui (…) permettront avec plusieurs dizaines de véhicules de remorquage de mettre fin à tout blocage”, a-t-il déclaré devant la presse. Des véhicules blindés de la gendarmerie ont aussi été déployés dans la capitale vendredi, une première depuis fin 2018.

Entrée interdite dans la capitale

Beaucoup de fatigue et un début d’énervement étaient ressentis dans le cortège parti de Bretagne, qui s’est arrêté sur le parking d’un centre commercial de la périphérie de Chartres encadré par des escadrons de gendarmerie mobile, selon une journaliste de l’AFP.

La police avait estimé dans l’après-midi leur nombre à 3300 véhicules, dont un millier sur la RN20 en provenance d’Orléans et 500 sur l’autoroute A10-A11 venue du Mans. C’est une action “d’une ampleur phénoménale”, a dit à l’AFP un coordinateur du mouvement.

L’interdiction de rassemblement des convois a toutefois été maintenue vendredi soir par le tribunal administratif de Paris, qui a rejeté deux recours.  Rassemblement hétéroclite d’opposants au président Emmanuel Macron et de “gilets jaunes”, le mouvement s’est constitué sur le modèle de la mobilisation qui paralyse la capitale canadienne Ottawa.

À deux mois de l’élection présidentielle, les manifestants exigent le retrait du pass vaccinal et défendent des revendications sur le pouvoir d’achat ou le coût de l’énergie. Le gouvernement affirme envisager pour fin mars ou début avril la levée du pass vaccinal.

“Lassitude des Français”

Réfutant toute volonté de bloquer la capitale, les participants espèrent grossir samedi les rangs des cortèges contre le pass vaccinal organisés chaque semaine.

Certains manifestants entendent atteindre ensuite Bruxelles pour une “convergence européenne” prévue lundi 14 février. Les autorités belges ont interdit l’accès de la capitale. Vendredi, d’autres répandaient aussi des appels à occuper des ronds-points.

“Je lance un appel à rejoindre toutes les grandes villes pour les occuper, multipliez les points de rassemblements”, a lancé dans une vidéo l’un des initiateurs du mouvement, Rémi Monde.

Si les participants s’affirment “apolitiques” et “apartisans”, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a mis en garde vendredi contre la “tentative d’instrumentalisation” de la “lassitude des Français”, à deux mois de la présidentielle.

À voir également sur Le HuffPost: Au Canada, Ottawa paralysée par le “convoi de la liberté” déclare l’état d’urgence

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