les accusés échappent aux assises

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Les deux principaux suspects, qui ont tué Philippe Monguillot le 5 juillet 2020, sont désormais poursuivis pour «violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner», et ne risquent plus la prison à perpétuité. La famille va faire appel de la décision.

«Consternation» : Alexandre Novion, avocat de la famille de Philippe Monguillot, martèle le mot. Hier mardi 17 mai, la juge d’instruction en charge du dossier du meurtre du chauffeur de bus bayonnais a décidé de requalifier les poursuites, les deux principaux suspects, de 24 et 25 ans, étant désormais jugés pour «violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner» devant une cour criminelle, selon une information de France Bleu Pays basque. Celle-ci ne compte pas de jurés populaires. La peine maximale dans ce cadre de juridiction est de vingt de réclusion, contrairement à la perpétuité dans le cadre d’une cour d’assises conventionnelle. En avril, le parquet de Bayonne avait pourtant demandé le renvoi aux assises pour homicide volontaire aggravé.

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En complément, deux hommes de 36 et 42 ans, également jugés dans l’affaire, pour non-assistance à personne en danger, ont vu leur sort judiciaire modifié : le plus jeune n’est plus poursuivi, tandis que le second n’est poursuivi que pour avoir logé les accusés après l’agression.

Le 5 juillet 2020 en début de soirée, Philippe Monguillot était sauvagement agressé par deux passagers, alors qu’il souhaitait contrôler leur titre de transport. À l’intérieur du bus, le ton était monté et après une première bagarre, le chauffeur avait été emmené hors du bus, où ses agresseurs l’avaient roué de coups. Une chute au sol après un coup de poing avait entraîné une fracture du crâne et une hémorragie. Transporté à l’hôpital, Philippe Monguillot était décédé après cinq jours de soins, provoquant une grande émotion à travers la France. En janvier dernier, un des deux principaux agresseurs avait en outre demandé sa remise en liberté, finalement refusée par la Justice.

Appel de la décision de l’instruction

Au Figaro, Alexandre Novion annonce faire appel de la décision de l’instruction. L’avocat évoque la «consternation» de Véronique Monguillot et ses filles. «Elle est absolument révoltée, totalement abattue. Elle ne comprend pas, d’autant plus qu’elle était confiante» après le réquisitoire du parquet, relève-t-il. «L’affaire a soulevé une grande indignation populaire, or l’angle retenu, c’est d’enlever les jurés. Mais quand bien même on arrache les ronces des passions et que l’on se concentre sur les faits, il y a suffisamment d’éléments justifiant que les accusés soient jugés pour meurtre, c’est-à-dire pour obtenir un débat public déterminant si les intentions sont meurtrières. Les faits vont dans le sens d’une mise en doute», poursuit l’avocat, qui revient sur «la chaîne de violence qui a été constatée, qui montre que ces gens ont été jusqu’au-boutistes, concentrant leurs coups sur le visage. Nous avons également une bande-son démonstrative sur leurs intentions» souligne-t-il.


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