L’écologie à petits pas de Pierre Hurmic à la mairie de Bordeaux

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Au marché des Capucins, le maire (Europe Ecologie- Les Verts, EELV) de Bordeaux a ses habitudes. Tous les dimanches depuis près de vingt-cinq ans, il aime y faire ses courses et, depuis son élection, en 2020, il n’a pas voulu changer son rituel hebdomadaire ; il s’amuse à appeler le marché sa « permanence » d’élu. Ici, il salue, écoute, échange. Plus discret que son prédécesseur Alain Juppé, habitué des selfies et toujours une figure locale, Pierre Hurmic, lui, fait son tour sans attirer les foules.

« C’est le monde d’après », ironisent l’édile et son équipe. Pierre Hurmic se montre seul ce 14 janvier dans les allées des Capucins, sans son épouse, qui préfère rester dans l’ombre. Bien loin là aussi de la figure d’Isabelle Juppé, dont tout le monde connaissait le visage et saluait le charisme. « Je n’ai pas la même personnalité qu’Alain Juppé et l’époque a changé », précise l’élu.

Il préfère « aller vers » ceux qui ne sont pas forcément de son obédience politique, mais qui restent à convaincre. Lui qui a fait basculer, en juillet 2020, la ville dirigée pendant soixante-treize ans par la droite – Jacques Chaban-Delmas, Alain Juppé, Hugues Martin et Nicolas Florian. « Les pires ennemis sont les conservateurs paresseux, ceux qui pensent qu’on peut continuer comme avant. J’ai été élu sur un concept “le monde change, changeons Bordeaux” », explique Pierre Hurmic.

Lire le portrait : Article réservé à nos abonnés Pierre Hurmic, un maire de Bordeaux encore vert

Pourtant, dans la ville, le changement est pour l’heure difficile à percevoir. Beaucoup reprochent à son premier magistrat le manque de grands projets dans la capitale girondine. A l’inverse, là encore, de la folie des grandeurs d’Alain Juppé, qui voulait faire de Bordeaux « une ville millionnaire » en habitants. Bordeaux est encore à l’image de l’ancien premier ministre, des quais rénovés, du tramway, du stade Matmut Atlantique. Mais Pierre Hurmic a une tout autre vision : « Je suis plus attaché à l’urbanité qu’à l’urbanisme. Comment vit-on ensemble à Bordeaux, comment on arrive à créer une ville moins bétonnée, moins prédatrice des écosystèmes, protectrice des derniers espaces de nature. »

« Pas forcément d’assise globale »

Sa grande fierté, « c’est d’être allé le 22 juillet 2022 à la tribune de l’ONU. La ville de Bordeaux a été choisie à notre demande pour être capitale du Forum mondial de l’économie sociale et solidaire, car nous avons beaucoup privilégié l’installation d’entreprises dans ce domaine ».

Le maire renchérit sur son label Bâtiment frugal bordelais, qui impose désormais aux promoteurs de répondre à un cahier des charges plus vertueux dans leurs constructions. Un modèle salué par l’obtention du Prix du logement, reçu à Paris en décembre 2022, à l’occasion du congrès des villes bas carbone. « Ce n’est pas spectaculaire, mais ça veut dire que ce qui se fait à Bordeaux est reconnu ailleurs. Le regard sur Bordeaux est en train de changer », se félicite-t-il.

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