« Le jeu politique apparaît plus incertain que jamais, atomisé et en grande fragilité »

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« Et vous, comment voyez-vous les choses ? » Privés de boussole dans une configuration inédite, les responsables politiques se tournent vers les sondeurs, à intervalles réguliers, pour affiner leurs analyses du moment. « C’est le brouillard », leur répond le directeur général de l’IFOP, Frédéric Dabi. « Aquaplanning dans nappe de brume », renchérit Jérôme Fourquet, du même institut. Constat semblable pour le directeur général délégué d’Ipsos, Brice Teinturier, qui reprend volontiers le terme « mélasse » qu’on lui soumet : « Nous sommes dans un moment politique sans ligne directrice, sans dynamique, où rien de clair ne se dégage. »

Six mois après la réélection d’Emmanuel Macron, le jeu politique apparaît plus incertain que jamais, atomisé et en grande fragilité. Prisonniers d’enjeux internes en cet automne de tous les congrès – pour le Rassemblement national (RN), Les Républicains (LR), le Parti socialiste, Europe Ecologie-Les Verts… –, la plupart des partis semblent encalminés.

Après un été valeureux, au cours duquel les députés LR, rescapés des urnes, ont cherché à se montrer « responsables » et à peser sur les textes du gouvernement, ils se retrouvent de nouveau asphyxiés. Et jouent leur survie, coincés entre la majorité – qui espère les attirer dans une coalition – et le RN, qui veut les faire passer pour des supplétifs du pouvoir.

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De leur côté, les élus de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), qui ont fait une entrée tonitruante à l’Assemblée, sont moins flamboyants, six mois après. Plombée par les « affaires » concernant Adrien Quatennens et Julien Bayou – mis en cause par leurs ex-compagnes –, parasitée par les outrances de certains de ses représentants, l’alliance de gauche est en perte de vitesse.

Réprouvée par les Français, si l’on en croit les enquêtes, la stratégie du coup d’éclat permanent adoptée par La France insoumise ne porte manifestement pas ses fruits, ni dans l’Hémicycle ni dans la rue (la marche de Jean-Luc Mélenchon « contre la vie chère et l’inaction climatique », le 16 octobre, a été un échec). Otages plus ou moins consentants de cet attelage disparate, Verts et socialistes restent, quant à eux, inaudibles à l’heure actuelle.

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Affaiblie depuis les législatives, la majorité connaît elle aussi des divisions. Entre Renaissance et ses alliés (MoDem et Horizons) d’un côté ; entre l’aile droite et l’aile gauche de la macronie, de l’autre. La succession à venir d’Emmanuel Macron favorise en outre le jeu des calculs tactiques et des équations personnelles, à l’intérieur (Bruno Le Maire, Gérald Darmanin) et à l’extérieur (François Bayrou et Edouard Philippe).

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