Le Fonds monétaire international appelle la France à mettre un terme au « quoi qu’il en coûte »

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« La réduction du déficit ne doit pas être une source de préoccupation tant que la crise persiste », assurait le Fonds monétaire international (FMI) en 2020, en pleine pandémie mondiale de Covid-19. Deux ans plus tard, alors que la guerre en Ukraine a freiné la reprise, fait exploser les prix de l’énergie et creusé encore un peu plus les déficits, l’organisation internationale sise à Washington adopte un discours nettement moins complaisant, notamment vis-à-vis de la France. Dans son rapport annuel consacré à l’Hexagone, paru lundi 21 novembre, le FMI lui adresse un avertissement à peine voilé, l’appelant à accélérer le rythme de réduction de ses dépenses publiques et l’exhortant à réserver aux plus fragiles ses mesures de soutien face à la crise de l’énergie.

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« Nous avons soutenu le “quoi qu’il en coûte”, mais il est temps » d’y mettre un terme, a estimé, lors d’une conférence de presse, Jeffrey Franks, chef de mission du FMI pour la France, en présentant les conclusions de la mission qui, chaque année, passe en revue la situation économique, budgétaire et financière de la France, comme le prévoit l’article IV des statuts de l’organisation internationale.

Le message sonne comme un rappel à l’ordre, alors que l’exécutif s’apprête à débloquer une cinquantaine de milliards d’euros supplémentaires pour soutenir indistinctement les ménages et les entreprises en 2023, dans le cadre du budget en cours d’examen au Parlement, et tandis que les taux remontent.

Il tranche aussi avec les recommandations adressées à l’Allemagne en juillet. Le FMI jugeait alors l’orientation budgétaire du pays pour 2022 « appropriée », et exhortait même Berlin « à surmonter les obstacles de longue date à l’augmentation rapide et décisive de l’investissement public. » L’Allemagne a depuis annoncé un paquet de 200 milliards d’euros afin d’aider les ménages et les entreprises confrontés à l’inflation des prix de l’énergie.

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La France n’a, de fait, pas abordé la crise de l’énergie avec des finances dans le même état que celles de son voisin. Elle n’en a pas moins mobilisé des sommes considérables (plus de 100 milliards d’euros depuis l’automne 2021, au total) pour absorber l’essentiel de la hausse pour les ménages. Ce qui lui a permis de contenir l’évolution de l’inflation à un niveau inférieur à celui des autres pays européens, admet le FMI. Mais au prix d’une augmentation massive des dépenses, venues s’ajouter aux centaines de milliards déjà décaissés pour soutenir l’économie pénalisée par le Covid-19, et alimentant un nouveau « quoi qu’il en coûte ».

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