L’ancien premier adjoint au maire de Saint-Étienne victime de chantage depuis huit ans

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Selon une enquête de Mediapart, publiée ce vendredi, Gilles Artigues, ancien premier adjoint à la mairie de Saint-Étienne, aurait été victime d’un chantage politique. En effet, il a été filmé à son insu, lors d’une soirée dans une chambre d’hôtel, avec un escort boy. L’entourage du maire Les Républicains (LR) de la ville, Gaël Perdriau, est accusé d’avoir monté le coup.

Le site révèle que l’actuel adjoint chargé de l’éducation et de la jeunesse à la mairie de Saint-Étienne, Samy Kéfi-Jérôme, et son compagnon de l’époque, ont placé la caméra dans une chambre d’hôtel parisienne. Elle aurait permis d’assujettir Gilles Artigues, ainsi que de le faire chanter en cas de dissidence politique. Sollicité par le pure player, Samy Kéfi-Jérôme a d’abord nié l’existence de la vidéo, avant de reconnaître son existence. Il a néanmoins refusé de répondre à leurs questions, au nom de la protection de sa vie privée. 

La maire fait part de sa « stupéfaction »

L’ancien compagnon de Samy Kéfi-Jérôme, Gilles Rossary-Lenglet, révèle qu’il a « tout géré depuis Saint-Étienne », et que « Samy a payé sur place l’escort ». Il affirme que le maire de Saint-Étienne, ainsi que son directeur de cabinet, « ont mandaté Samy pour montrer la courte vidéo »Et d’ajouter que le couple aurait touché des sommes d’argent, par le biais de subventions municipales. Le maire LR de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, a, quant à lui, fait part de sa « stupéfaction » à l’évocation des conclusions de l’enquête : « Je ne suis pas au courant d’un tel projet », a-t-il affirmé.

La victime, Gilles Artigues, a, de son côté, confirmé, par la voix de son avocat, Me André Buffard, avoir « fait l’objet, à de nombreuses reprises, de chantage » en lien avec la menace de diffusion de la vidéo. L’avocat indique par ailleurs, au Monde, qu’il va déposer plainte contre X et contre Samy Kéfi-Jérôme, en début de semaine, pour « guet-apens en bande organisée, financé par des fonds publics », « non-dénonciation de délit ou crime », menaces et chantage. 

Gilles Artigues drogué ?

Selon Me Buffard, l’ancien adjoint dispose d’éléments de preuves, notamment de conversations au cours desquelles il subit des menaces de divulgation de la vidéo auprès de sa famille. Toujours selon l’avocat, il pense également avoir été drogué ce soir-là : « Il connaît M. Kéfi-Jérôme qui l’a amené dans sa chambre pour un motif futile et l’a fait boire. Il ne se souvient ensuite de pas grand-chose. » 

Le parquet de Saint-Étienne confirme n’avoir reçu aucune plainte « à cette heure » et attendre qu’elle soit déposée pour analyser les faits.

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