La Martinique en proie à une vague de violence : « Le fléau de l’île, c’est les armes »

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Un bain de sang a été évité de justesse, en Martinique, aux petites heures du vendredi 11 novembre. Vers 3 heures du matin, une vingtaine d’hommes cagoulés et armés ont fait irruption dans le Domaine des Oasis, un établissement situé à Rivière-Salée, et, au milieu d’un concert réunissant plus de 700 noctambules, ont ouvert le feu en direction d’un homme, blessant plusieurs personnes dans le public. Ce même commando avait déjà tiré des coups de feu, quelques instants auparavant, aux abords d’une autre salle de spectacle de cette même commune du sud du département, où une foule de 1 300 personnes faisait la fête.

« Un groupe de motards s’est présenté dans deux établissements successifs, et, visiblement à la recherche de quelqu’un, ils ont tiré », résume Jean-Christophe Bouvier, le préfet de la Martinique. Aucune victime n’est à déplorer : les premiers éléments de l’enquête font état de six blessés par balle. Un petit miracle compte tenu des circonstances de cette attaque spectaculaire. « On aurait pu être les témoins d’une tuerie de masse », s’émeut M. Bouvier, qui se réjouit néanmoins que le pronostic vital ne soit engagé pour aucun des blessés. L’enquête mobilise d’ores et déjà « une cinquantaine de gendarmes », selon le général William Vaquette, commandant de la gendarmerie de Martinique.

Cette nuit de violence survient alors que les faits divers sanglants se multiplient depuis plusieurs mois dans cette île des Antilles : depuis le début de l’année, vingt-cinq homicides y ont été recensés, dont vingt par arme à feu. Soit autant que le triste record établi sur douze mois en 2019 dans ce département de 360 000 habitants. Toujours selon le préfet, l’île est avant tout en proie à « une situation sécuritaire dégradée qui est liée au trafic de stupéfiants et au trafic d’armes ».

« La priorité, c’est de désarmer »

Ce constat avait été fait lors du déplacement de Gérald Darmanin dans le département, début octobre. À l’issue d’une visite éclair d’une trentaine d’heures, le ministre de l’intérieur et des outre-mer avait fait des promesses tous azimuts : quinze enquêteurs pour l’office anti-stupéfiants, trois nouvelles brigades de gendarmerie, des drones, une enveloppe de 500 000 euros à la disposition des communes pour la vidéosurveillance…

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Dernier renfort annoncé par l’Etat : un chargé de mission issu de la réserve du ministère de l’intérieur a été désigné par la place Beauvau. Ce fonctionnaire, attendu pour décembre, aura pour mission d’« épauler » le préfet de la Martinique durant cinq mois « dans la montée en puissance des dispositifs, et notamment la mise en place d’un contrat de sécurité territoriale qui impliquera toutes les parties », précise Jean-Christophe Bouvier.

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