La junte malienne accuse la France de livrer armes et renseignements aux groupes armés terroristes

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Fourniture d’« armes » et collecte de « renseignements au profit des groupes terroristes », « espionnage » et « intimidation » des forces armées maliennes (FAMA)… Dans une lettre adressée lundi 15 août au président (tournant) du conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur chinois Zhang Jun, Abdoulaye Diop, le chef de la diplomatie malienne, a multiplié les accusations à l’encontre de la France. Le même jour, au nord du Mali, le dernier soldat de l’opération « Barkhane » quittait la base de Gao après plus de neuf années d’interventions menées au nom de la lutte antiterroriste.

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Ce courrier de trois pages, consulté par Le Monde, détaille des « actes d’agression » supposés commis par les forces françaises. La junte, au pouvoir depuis le double coup d’Etat d’août 2020 et de mai 2021, affirme avoir « enregistré plus de cinquante cas délibérés de violation de l’espace aérien malien par des aéronefs étrangers, notamment opérés par les forces françaises », depuis le début de l’année.

Ces dernières se voient notamment reprocher des « actes d’indiscipline caractérisés par des refus d’obtempérer aux instructions des services de contrôle aérien », de falsification de documents de vols ou encore d’entrave à la circulation de l’aviation militaire malienne et ce, « tout au long du processus de transfert aux autorités maliennes de l’espace aérien du nord, depuis l’annonce du retrait de Barkhane [au mois de février 2022]. »

Les accusations vont beaucoup plus loin que ces actes supposés d’indiscipline aérienne. Le gouvernement du Mali affirme en effet qu’il « dispose de plusieurs éléments de preuve que ces violations flagrantes (…) ont servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes opérant au Sahel et pour leur larguer des armes et des munitions ». Sans toutefois avoir, pour l’heure, livré une seule preuve au conseil de sécurité. En guise de conclusion, Abdoulaye Diop prévient qu’en cas de « persistance de cette posture qui porte atteinte à la stabilité et à la sécurité du pays [le Mali se réserve] le droit de faire usage de la légitime défense ».

« Des accusations évidemment sans fondement », répond Paris

L’Elysée balaie d’un revers de main ces attaques : « La junte franchit un palier dans le rocambolesque et l’invraisemblable en portant des accusations évidemment sans fondement. » Les seules activités d’ordre sécuritaire menées lors du retrait de « Barkhane » consistaient « à sécuriser les derniers convois militaires français de l’opération quittant le Mali, à surveiller les activités des terroristes et à cibler des hauts cadres des deux principaux groupes [Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaida) et l’organisation Etat islamique au grand Sahara (EIGS)] », précise la présidence.

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