« La gauche réformiste est malade, mais le malade bouge encore »

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Mais où est donc passée la gauche réformiste, celle qui depuis la victoire de François Mitterrand en 1981 se vantait d’avoir appris à assumer l’exercice du pouvoir ? Depuis la double séquence électorale du printemps, elle semble avoir disparu des radars, victime de deux chocs consécutifs qui l’ont profondément déstructurée.

Le premier a été assené par Emmanuel Macron, qui est parvenu à se faire réélire le 10 avril en douchant l’espoir du Parti socialiste (PS) et du parti Les Républicains (LR) d’exister de nouveau sur une résurgence du clivage gauche-droite. A eux deux, ces anciens « grands » partis de gouvernement n’ont totalisé que 6,5 % des suffrages exprimés. La palme de l’échec est revenue à Anne Hidalgo qui, avec 1,7 % des voix, a été incapable de freiner l’hémorragie des électeurs socialistes vers Emmanuel Macron. « L’électorat du président de la République s’est construit sur celui de François Hollande, confirme le politologue Martial Foucault, directeur du Centre d’études de la vie politique française de Sciences Po (Cevipof). 43,4 % des électeurs de François Hollande de 2012 se sont portés sur l’actuel président de la République il y a cinq ans et une proportion comparable (41,7 %) a fait un choix identique en 2022. Dans sept cas sur dix, il s’agit des mêmes personnes. »

La seconde estocade a été portée par l’« insoumis » Jean-Luc Mélenchon qui, à l’occasion des élections législatives de juin, s’est érigé en rassembleur de la gauche non macroniste sur une ligne antilibérale qui a achevé de fracturer le PS. Depuis, l’aile réformiste est en déshérence, à la fois privée d’incarnation et en manque de dynamique. Entre regard amer sur le nouveau quinquennat et soutien critique à Emmanuel Macron, elle cherche à échapper à une marginalisation durable en constatant qu’aucun pan de la famille n’est sorti indemne de l’aventure.

France tombée à droite

A l’Assemblée nationale, les vingt-sept députés socialistes élus sous l’étiquette de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) ne parviennent pas à se démarquer de la radicalité de La France insoumise (LFI). Au sein du parti présidentiel Renaissance, l’aile gauche, à force de jouer la carte du dépassement, menace d’être marginalisée par l’aile droite qui, au contraire, s’affirme.

La première ministre, Elisabeth Borne, a beau avoir été très proche du PS, le discours ambiant depuis la réélection d’Emmanuel Macron est celui d’une France tombée à droite, appelant une alliance en bonne et due forme entre Renaissance et LR. C’est si vrai qu’Edouard Philippe, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, les trois figures de la majorité déjà en compétition pour la présidentielle de 2027, ont la particularité d’avoir tous un jour appartenu au parti de Nicolas Sarkozy.

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