Jordan Bardella, le « gendre idéal » qui « envoie des horreurs »

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Tout le monde s’accorde à le dire, Jordan Bardella a un talent incontestable : il parle. Il n’éructe pas, ne bredouille pas, ne pérore pas. Il démontre, expose, au besoin étourdit l’adversaire avec une punchline bien sentie. Elle tournera sur les réseaux sociaux, élargira le fan-club. Au Rassemblement national (RN), on récite par cœur la liste des victimes cathodiques du député européen, comme si leurs scalps décoraient le siège de la rue Michel-Ange (16arrondissement de Paris) : les ministres Gabriel Attal et Bruno Le Maire, la députée européenne Nathalie Loiseau, la députée « insoumise » Clémentine Autain.

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Samedi 5 novembre, lors de son 18e congrès, le parti s’apprête à consacrer sa bête médiatique, 27 ans, une infinité de combats, jamais mis K.-O. Face à Louis Aliot, son concurrent en interne, il a à peine livré bataille, et surtout pas à la télévision. On aurait pris le risque de parler d’idées, donc de fragiliser la thèse selon laquelle il n’y a qu’une seule ligne au RN, la « ligne Marine ». Son entourage espère le voir obtenir 70 % des voix des adhérents. Jordan Bardella deviendrait le premier président du RN, anciennement Front national, ne portant pas le nom Le Pen. Aboutissement d’un parcours interne sans fautes, aussi méthodique que météorique, avec costard bien mis et veste retournée.

En 2013, Jordan Bardella pointe chaque mercredi au Forum, un appartement anonyme du 13e arrondissement de la capitale, où les jeunes frontistes franciliens se forment au militantisme. François Paradol, devenu son directeur de cabinet, se souvient d’un grand type assis au fond, « assez discret, qui prenait des notes ». Quelque chose, tout de même, le distingue : l’adolescent de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) est tiré à quatre épingles.

« On sentait quelqu’un en pleine maturation, en recherche aussi. Il découvrait un monde complètement inconnu », se remémore Mathilde Androuët, députée européenne, à l’époque coprésidente du Front national de la jeunesse. La première à lui faire la courte échelle. Son truc ? « Il parlait bien, était plutôt plaisant. Et ça percutait bien là-haut. »

« Physique de beau gosse »

Neuf ans ont passé. Jordan Bardella a navigué entre les différents cercles d’influence autour de Marine Le Pen, avec la maestria d’un capitaine de paquebot dans un champ d’icebergs. Propulsé par Florian Philippot, alors numéro deux du parti, il s’est rapproché, dès le début de sa disgrâce, des anciens du Groupe Union Défense (GUD), autour de Frédéric Chatillon, amis proches de Marine Le Pen et prestataires du RN. Puis, quand les scandales politico-financiers ont rendu ces derniers moins fréquentables, l’enfant prodige s’est placé sous la houlette du conseiller le plus écouté – et beau-frère – de Marine Le Pen, Philippe Olivier. Anecdote : dans ces trois cercles, le jeune homme a toujours trouvé l’amour, auprès d’une militante philippotiste, de la fille de M. Chatillon, puis de celle de M. Olivier.

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