JO de Paris 2024 : trop vieux ou pas assez nombreux, les équipements sportifs en grand besoin d’investissements

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Nécessaire, mais pas suffisant. La ministre des sports et des Jeux olympiques et paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra, l’a admis implicitement : le « plan Macron » de création-rénovation de cinq mille équipements sportifs de proximité (plateaux multisports, terrains de basket 3 × 3, skateparks, etc.), annoncé en octobre 2021, à moins de trois ans des Jeux olympiques et paralympiques, et dont la mise en œuvre a commencé cette année, ne conduira pas, à lui seul, à régler le problème du manque d’infrastructures sportives en France.

« Nous aurons besoin de travailler aussi sur des équipements structurants » (stades, gymnases, piscines, etc.), a déclaré Mme Oudéa-Castéra en présentant son projet de budget 2023 à l’Assemblée nationale, le 25 octobre. « C’est le sens des travaux aujourd’hui de l’Agence nationale du sport [ANS] pour bien analyser les endroits et les sports qui devront faire l’objet de ces investissements prioritaires », a-t-elle précisé.

Créée en 2019 pour coordonner les politiques publiques sportives sur le territoire, l’ANS a notamment pour mission de corriger les inégalités sociales et territoriales en matière d’accès aux pratiques et aux équipements sportifs.

Lire aussi notre archive (2019) : A peine créée, l’Agence nationale du sport déjà critiquée

Si la ministre des sports se félicite « que les investissements portés au cours des dernières années permettent d’organiser les Jeux avec 95 % d’infrastructures existantes ou temporaires », la réalité, pour ce qui concerne l’accueil au quotidien des pratiquants, est moins flatteuse. Les équipements manquent, ou, quand ils existent, sont vieillissants.

Une mission parlementaire pilotée par le député Belkhir Belhaddad (Renaissance, Moselle) a relevé, en mars, que 40 % des 272 000 infrastructures dont les collectivités sont propriétaires datent d’avant 1985, 61 % ont plus de 25 ans et 70 % n’ont jamais bénéficié de travaux d’ampleur. Et c’est sans parler des inégalités d’accès : un tiers des communes rurales n’ont pas d’équipement et les quartiers prioritaires des villes sont sous-équipés.

« Il faudrait sécuriser 500 millions par an »

« Il faut un grand plan Marshall de construction et de rénovation des équipements sportifs, pour lequel il faudrait sécuriser 500 millions d’euros par an », a lancé la députée Claudia Rouaux (Socialistes et apparentés, Ille-et-Vilaine), rapporteuse pour avis sur le projet de budget des sports, à Mme Oudéa-Castéra. Elle reprenait la proposition de M. Belhaddad, qui réclame une loi de programmation pour la période 2025-2030, prenant la suite du « plan Macron » sur les équipements de proximité. Dans son rapport, le député estimait que ce programme – 200 millions d’euros d’investissements sur trois ans dans sa version initiale (100 millions dès 2022) – ne saurait être que « la première étape avant la présentation d’un plan volontariste et massif d’investissement ».

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