Jean-Luc Mélenchon soutient la proposition d’Olivier Faure de lancer un référendum sur les superprofits

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L’émulation plutôt que la compétition. Concluant les débats des « amphis d’été » de la France insoumise près de Valence (Drôme), Jean-Luc Mélenchon a appelé, dimanche 28 août, les partis de gauche alliés de la Nupes à travailler ensemble, malgré les désaccords qui persistent, et a apporté son soutien à la proposition formulée par le premier secrétaire du PS Olivier Faure de lancer un référendum d’initiative partagée (RIP) sur la taxation des superprofits.

« Il faut forcer le président de la République à aller vers cette taxation des superprofits et je souhaite qu’il y ait un référendum d’initiative partagée », avait déclaré vendredi le chef de file du Parti socialiste, précisant qu’il proposerait à ses partenaires de la Nupes de se joindre à l’initiative.

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« Sa proposition va dans le sens de ce que nous-mêmes, nous essayons de faire avec notre pétition. Elle est bienvenue », lui a répondu Jean-Luc Mélenchon depuis l’estrade, en référence à la pétition réclamant la taxation des superprofits mise en ligne avant le week-end.

« Si le groupe parlementaire [de la France insoumise] – car c’est lui qui doit en décider – accepte l’idée que l’on dépose une motion référendaire, eh bien tous les “insoumis” et les “insoumises” de France partout se mettront au travail pour rassembler les 4,7 millions de signatures dont nous aurons besoin », a promis l’ancien candidat à l’élection présidentielle, remerciant au passage Olivier Faure pour cette proposition « qui garantit que la Nupes vit, que la Nupes vivra ».

Une procédure complexe qui n’a jamais abouti

« Il est temps de taxer les profiteurs de crise, d’augmenter la contribution des très grandes entreprises. Quand les Etats-Unis augmentent de six points leurs taxes sur les entreprises, n’allons pas dire que c’est devenu un Etat chaviste ! », a encore défendu Jean-Luc Mélenchon.

Depuis 2008, l’article 11 de la Constitution autorise l’organisation d’un référendum d’initiative partagée, à l’initiative d’au moins un cinquième des parlementaires et qui doit être soutenu par au moins un dixième du corps électoral, soit près de 4,7 millions de personnes.

La procédure, complexe, avait déjà été enclenchée en 2020 à l’initiative de la gauche pour s’opposer à la privatisation des aéroports de Paris. Elle n’avait pas abouti, faute de signatures suffisantes. Le projet avait été toutefois repoussé par le gouvernement à une date indéterminée.

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Elisabeth Borne ne ferme pas la porte

Pendant les discussions sur le pouvoir d’achat au Parlement cet été, la majorité présidentielle ainsi que les Républicains avaient rejeté les amendements proposés par la Nupes en matière de fiscalité des entreprises. L’idée d’une taxation spécifique des profits engrangés par certains groupes à la faveur de la crise, n’est toutefois pas complètement écartée.

Au début d’août, les députés MoDem avaient déjà plaidé pour une « réflexion » à l’automne sur la taxation des « superprofits » d’entreprises comme TotalEnergies, renvoyant notamment à une « mission flash » lancée par la commission des finances. Samedi, la première ministre, Elisabeth Borne, a fait savoir, dans une interview au Parisien, qu’elle ne fermait pas la porte au principe d’une telle taxe, tout en jugeant plus efficace une baisse volontaire des prix par les entreprises afin de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs.

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Le Monde

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