Industrie : Emmanuel Macron reçoit les entreprises européennes pour les convaincre de ne pas délocaliser

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Un dîner pour convaincre les entreprises de ne pas s’expatrier. Emmanuel Macron doit recevoir, lundi 21 novembre au soir, de grands industriels européens pour les inciter à rester en Europe, et surtout en France, face aux craintes d’un regain de délocalisations.

Selon l’Elysée, le chef de l’Etat français reçoit des représentants de la Table ronde des industriels européens (European Round Table for Industry, ERT), qui revendique parmi ses adhérents une soixantaine de grandes entreprises du continent. Parmi eux, des dirigeants des groupes Engie, Orange, Ericsson, Unilever, AstraZeneca, Volvo, BMW, Air liquide ou encore Solvay.

L’objectif ? Leur dire de rester en Europe et de choisir la France, explique-t-on à la présidence. L’exécutif, qui a fait de la réindustrialisation l’une de ses priorités économiques, redoute en effet que l’inflation énergétique pousse certaines entreprises à effectuer leurs futurs investissements hors d’Europe.

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Les entreprises du continent lancent des avertissements de plus en plus marqués quant à l’impact de la flambée des prix de l’énergie depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le président-directeur général de Dassault Aviation, Eric Trappier, qui dirige l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), a invité dimanche, dans le journal Les Echos, l’Europe à protéger sa propre industrie avec plus de détermination : « Je connais plusieurs industriels qui me disent regretter leur investissement fait il y a six mois, qu’ils n’auraient pas fait s’ils avaient connu l’évolution du prix de l’énergie. Je le prends comme un premier signal qui n’augure rien de bon. »

Craintes alimentées par l’attractivité des Etats-Unis

L’Etat français s’inquiète plus particulièrement des effets du plan massif d’investissements aux Etats-Unis promulgué cet été par le président Joe Biden pour lutter notamment contre le changement climatique. Cet Inflation Reduction Act est accusé par une partie des Européens de provoquer une distorsion de concurrence avec son crédit d’impôt pour l’achat d’une voiture électrique construite dans une usine américaine avec une batterie fabriquée localement.

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« Nous avons des difficultés avec des entreprises qui commencent à réfléchir soit à délocaliser leur production, soit à réaliser leurs futurs investissements ailleurs qu’en Europe », souligne-t-on à l’Elysée, citant comme raisons les coûts élevés de l’énergie et la législation américaine. M. Macron, qui a demandé à l’Union européenne de lancer son propre « European Buy Act » pour subventionner la production européenne, s’est heurté à la résistance des membres les plus antiprotectionnistes du bloc.

Au début de novembre, le président avait proposé aux industriels les plus émetteurs de CO2 en France de doubler l’aide publique pour accompagner leur décarbonation, à condition qu’ils redoublent également d’efforts en la matière.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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