Hollande et Sarkozy, pas de deux sur les institutions

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D’habitude, on les retrouve assis côte à côte dans les tribunes officielles ou sur des bancs d’église, pour les enterrements, soudés à jamais par le protocole. Pas cette fois : Nicolas Sarkozy et François Hollande ne se sont pas croisés au colloque sur les institutions qu’organisait l’Académie des sciences morales et politiques à l’Institut de France, mercredi 28 septembre, et auquel ils étaient tous deux conviés. Le premier est intervenu avant le déjeuner, et le second, après. L’un après l’autre, ils ont tenté de répondre à la même question – « Faut-il réformer nos institutions politiques ? » – devant un aréopage d’académiciens, dont la « tsarine » Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française, et le chancelier de l’Institut, Xavier Darcos.

S’il a défendu la plupart des mesures contenues dans sa réforme constitutionnelle de 2008, notamment le « succès » de l’instauration de la question prioritaire de constitutionnalité, la fameuse « QPC », Nicolas Sarkozy a convenu que la limitation à deux des mandats présidentiels n’allait pas de soi. Même s’il juge cette disposition plutôt sage : « Le pouvoir est dangereux, on s’y habitue, a-t-il lancé. Mais au bout de dix ans, on n’entend plus… on devient fermé. La limitation est une protection. » En revanche, il ne croit pas que le fait de ne pas pouvoir se représenter est de nature à saper d’emblée l’autorité du président réélu. « Si votre autorité est sapée, c’est parce que vous êtes fragile », a-t-il observé, non sans un brin de perfidie, alors que la question de la succession d’Emmanuel Macron irrigue dès à présent l’actuelle majorité.

« C’est important d’avoir un temps de respiration politique »

« Ce n’est déjà pas facile d’être réélu…, a enchaîné en souriant François Hollande, l’être deux fois, ça donnerait des idées, mais de mauvaises idées ». Le socialiste prône un mandat de six ans renouvelable, afin de « donner du temps » au président pour mener les réformes et conduire la politique extérieure, tout en rapprochant son mandat de celui des présidents de conseils départementaux et régionaux. En revanche, il se dit favorable à un mandat plus court (quatre ans) pour les députés, ce qui permettrait de découpler les scrutins présidentiel et législatif. « C’est important d’avoir un temps de respiration politique », a-t-il fait valoir.

« Le premier ministre aujourd’hui n’est plus le chef de la majorité : il ne procède plus de l’Assemblée nationale mais du président », explique François Hollande

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