Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti attendus en Guyane face à la montée de l’insécurité

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Le 2 septembre, ils étaient près d’un millier dans les rues de Cayenne pour dire « stop à la violence ». En tête du cortège, la famille d’un commerçant chinois tué quatre jours plus tôt dans son magasin à Rémire-Montjoly, près de Cayenne. « C’est un choc, et pas seulement dans la communauté chinoise… ça ne peut pas continuer comme ça », témoigne ce jour-là Jacques, un neveu de la victime. Le 27 août, deux jeunes de 20 ans et 22 ans sont tués par balles à Kourou. Le 10 août, un commerçant est abattu devant sa boulangerie à Matoury. Depuis le 1er janvier, on compte trente homicides en Guyane, autant que durant toute l’année 2021.

Lire aussi l’archive (2017) : Guyane : « Nous sommes en France mais pas vraiment considérés comme Français »

Selon les statistiques du ministère de l’intérieur, de 2016 à 2021, le territoire affiche une moyenne annuelle de 11,2 meurtres pour cent mille habitants, neuf fois la moyenne nationale. Pour les vols à main armée, on est cinq fois au-dessus de la moyenne française de 2021. Le 2 septembre, les élus ont donc réclamé plus de moyens contre l’insécurité, ainsi que la venue du ministre de l’intérieur et des outre-mer, Gérald Darmanin. Le préfet a annoncé l’arrivée pour « quarante-cinq jours » d’un septième escadron de gendarmerie mobile pour lutter contre la délinquance.

C’est dans ce contexte tendu que s’ouvriront des « assises de la sécurité » à la collectivité territoriale de Guyane (CTG), vendredi 30 septembre, en présence du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, de celui de la justice, Eric Dupond-Moretti et du ministre délégué aux comptes publics, Gabriel Attal. L’idée émane du président de la CTG, Gabriel Serville, élu à la tête de la collectivité en 2021 avec le soutien de Jean-Luc Mélenchon.

« Ça fait des années qu’on répète les mêmes incantations », analyse-t-il, évoquant le plan local de sécurité pour la Guyane de janvier 2017, l’accord de Guyane signé en avril 2017 avec l’Etat après une mobilisation populaire sans précédent, et un plan départemental de prévention de la délinquance paraphé en 2021 avec le préfet et le procureur. « On éprouve les pires difficultés à mettre en musique les partitions qu’on a écrites », déplore Gabriel Serville, ex-député dans le groupe Gauche démocrate et républicaine, à l’Assemblée nationale.

« Défense accrue des frontières »

Avec les « assises de la sécurité », il compte « rassembler un maximum de partenaires autour de ces préconisations », voir « pourquoi elles n’ont pas été mises en œuvre », « établir une feuille de route, un échéancier », et « un comité de suivi ». Ces assises aborderont la question de la prévention, mais aussi de la répression. « Il faut faire en sorte que des phénomènes sud-américains – gangs, production de drogue – ne se fixent pas en Guyane », prévient Joël Sollier, procureur général à la cour d’appel de Cayenne, estimant à « environ cinq cent » le nombre de personnes qui « se rattachent à des groupes mafieux brésiliens ».

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