ENTRETIEN. Pouvoir d’achat, hôpital, transition écologique… Élisabeth Borne répond à Ouest-France

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À quelques heures de la présentation du projet de loi « pouvoir d’achat » en conseil des ministres, la cheffe du gouvernement Élisabeth Borne détaille les principales mesures de soutien au porte-monnaie des Français. L’interview dure trois quarts d’heure. D’une voix posée, elle livre sa feuille de route.

La Première ministre n’élude aucune question d’actualité : les compromis à trouver au parlement pour faire voter les réformes voulues par Emmanuel Macron ; le nouveau rebond du Covid-19 et ses conséquences possibles sur les services hospitaliers ; la mise en musique de la transition écologique ; la composition du nouveau gouvernement ; les cas Damien Abad et Chrysoula Zacharopoulou…

Elle peine parfois à trouver ses mots. Elle s’en excuse. « Il va falloir que je me repose un peu ». La journée de la veille a été rude. Quatre heures de joutes à l’Assemblée nationale, chahutée par l’opposition, à l’occasion de son discours de politique générale. Presque autant au Sénat dans la soirée. Forcément, cela éreinte. Des vacances bientôt ? « Cela n’en prend pas le chemin ! » Entretien.

Ce n’est pas parce qu’on a une majorité relative qu’on ne va pas agir

— Élisabeth Borne

Comment avez-vous vécu votre déclaration de politique générale à l’Assemblée ?

C’est un moment important pour donner le cap du quinquennat. J’ai dit aux parlementaires, notamment aux groupes d’opposition, notre volonté de travailler ensemble, de construire les bons compromis pour pouvoir continuer à faire avancer le pays. C’est vraiment le message que je veux passer aux Français : ce n’est pas parce qu’on a une majorité relative qu’on ne va pas agir.

Comment dialoguer avec des oppositions qui n’ont pas envie de vous écouter ?

Je ne dirais pas qu’elles n’ont pas envie d’écouter. On voit qu’il y a des groupes qui sont ouverts au dialogue, qui ne veulent, ni une coalition ni un accord de gouvernement, mais qui nous ont dit qu’ils étaient d’accord pour travailler texte par texte. C’est ce qu’on va faire. Effectivement, aux deux extrêmes de l’hémicycle, on a des groupes qui étaient dans l’invective, dans la posture et ce n’est pas avec eux que l’on compte construire. Ce qui laisse un large arc républicain au sein de l’Assemblée avec lequel je suis déterminée à travailler, notamment car des sujets ne peuvent attendre.

Dans votre discours, vous avez nommé les chefs de groupe, avec à chaque fois un léger sourire…

J’ai remarqué que ça les surprenait (sourire).

C’était pour les mettre face à leurs responsabilités ?

Je souhaitais saluer la qualité des échanges que nous avons eus, nous avons balayé de nombreux sujets, nous avons parlé de méthode. Et puis, on doit absolument continuer à agir pour les Français. Chacun doit être responsable, conscient de la situation dans laquelle on est, avec une volonté d’avancer car les Français attendent des actes pas des postures.

Au-delà de l’hémicycle, comment peut-on réconcilier les Français ?

D’abord en arrêtant de les diviser. Certaines forces politiques consacrent leur énergie, leurs prises de parole à marquer nos différences plutôt ce qui nous rassemble. On a un pays qui a fait preuve d’une capacité de rebond, de résistance face aux crises, qui est extraordinaire. On a protégé les Français dans la crise, on a protégé les entreprises et les emplois, notre pays a tenu. Les soignants ont tenu, les enseignants ont tenu, les commerçants ont tenu. Notre économie est repartie. Elle a la plus forte croissance en 2021 de la zone euro. On a le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans, il y a des emplois à pourvoir… notre pays est dynamique. Je connais les difficultés des Français mais c’est aussi important de montrer ce qu’on a su faire et ce qu’on va pouvoir faire, ensemble, pour les rassembler.

L’un des exemples de la division, c’est l’abstention. Est-ce que les Français croient toujours en la politique ? Comment restaurer la confiance envers les élus ?

Une partie importante des Français ne croient plus en la politique et ne pensent pas que leur vote à une élection peut avoir un impact sur leur vie. Il est très important qu’on puisse changer ça, parce que la guerre aux portes de l’Europe nous montre à quel point la démocratie, et la paix sont fragiles et précieuses. Il faut démontrer aux Français qu’on peut concrètement changer leur vie, faire avancer le pays, répondre à leurs difficultés. C’est le sens de ce que je veux faire.

Et quand on voit le “spectacle” de l’hémicycle hier, les quolibets, est-ce que ça n’éloigne pas les Français de la politique ?

Dans les prochaines semaines et dans les prochains mois, les Français verront quels groupes parlementaires prennent leurs responsabilités, qui travaillent ensemble pour faire avancer le pays et quels sont les groupes dans la posture, parfois, dans des manifestations très bruyantes. Je pense que c’est important que les Français le voient.

Quelles sont les grandes lignes de votre loi pouvoir d’achat ?

La guerre en Ukraine a un impact très concret sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Très tôt, le précédent gouvernement avait pris des mesures fortes. Ce projet de loi prolonge un certain nombre de mesures tels que le bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité et apporte des mesures complémentaires : baisse de charges sur les indépendants, triplement de la prime Macron, revalorisation des retraites et des prestations sociales, indemnité carburant pour les travailleurs. Contrairement à l’automne dernier, ce n’est pas uniquement la flambée des prix de l’énergie, nous faisons face à une inflation qui touche des produits de première nécessité, pouvant mettre en difficulté les Français modestes.

Aujourd’hui, les dépenses qui sont liées à ce projet de loi pouvoir d’achat sont très largement temporaires. On retrouvera ensuite le niveau de dépenses habituelles.

— Élisabeth Borne

À quoi faut-il s’attendre si la guerre dure ?

Les économistes pensent qu’on est aujourd’hui dans un pic d’inflation. Il y a la guerre en Ukraine et il y a eu dans le même temps une désorganisation des productions en Chine avec des confinements. Cette guerre désorganise des chaînes d’approvisionnement, crée des tensions, des pénuries sur un certain nombre de produits. Elle se traduit par une flambée des prix. Je pense qu’il y a un consensus pour dire que l’inflation devrait commencer à baisser à partir de début 2023. C’est dans ce contexte-là qu’on prend des mesures assez générales, mais qui ont vocation à être limitées dans le temps. Et puis, on va passer progressivement à des mesures plus ciblées et davantage pérennes.

Que répondez-vous aux oppositions vous accusant de faire des chèques en permanence ?

Je leur réponds d’abord que le “quoi qu’il en coûte”, ça a permis à notre pays de rebondir et que si on ne l’avait pas fait, je suis convaincue qu’on aurait dû dépenser 2 à 3 fois plus pour réparer les difficultés qui seraient apparues. On aurait eu des défaillances d’entreprises, une explosion du nombre de demandeurs d’emploi… C’était, dans le contexte du Covid, ce qu’il fallait faire pour notre pays. Et aujourd’hui, les dépenses qui sont liées à ce projet de loi pouvoir d’achat sont très largement temporaires. On retrouvera ensuite le niveau de dépenses habituelles. J’ajoute qu’elles sont financées par un certain nombre d’économies. Je note que les oppositions oublient qu’au début du quinquennat, avant la crise sanitaire, la France était sortie pour la première fois depuis des années, de la procédure de déficit excessif et que ces mêmes oppositions nous proposent des suppressions de taxes sur des énergies fossiles qui coûtent entre 35 à 40 milliards d’euros par an.

Jusqu’à quelles limites êtes-vous prête à écouter les oppositions ?

Quand je dis qu’on va chercher à trouver des accords sur les textes ou sur des parties de textes, ça ne veut pas dire qu’on est prêt à renoncer aux axes structurants qu’on porte : l’équilibre des finances publiques, le plein-emploi, la transition écologique ou l’égalité des chances.

Le Smic à 1 500 €, c’est une limite ?

Je rappelle que le Smic a été revalorisé et il le sera sans doute à nouveau à la rentrée, compte tenu de l’inflation. Il y a aussi la prime d’activité qu’on a augmentée de 90 € dans le précédent quinquennat, donc beaucoup de salariés qui sont au Smic ne sont pas loin de ces 1 500 €. Mais par ailleurs, augmenter le coût du travail entraîne des destructions d’emplois, je pense que ça n’est pas comme ça qu’on peut améliorer la situation des Français. Nous n’irons pas sur ces propositions.

La Première Ministre Elisabeth Borne a répondu aux questions de trois journalistes d’Ouest-France, ce jeudi 7 juillet 2022, dans son bureau du premier étage au 57, rue de Varenne. | DANIEL FOURAY / OUEST-FRANCE

Quelles propositions des oppositions seriez-vous prête à reprendre ?

Je n’ai pas encore vu les propositions de la NUPES, mais je ne suis pas sûre qu’ils veuillent même rechercher des convergences avec les propositions du Gouvernement, si j’en crois leur propos d’hier. Nous allons poursuivre le travail avec les groupes de l’arc républicain, à gauche comme à droite. J’entends parler d’allégements de charges sur les heures supplémentaires, regardons, mais regardons aussi les montants concernés. Il faut dire la vérité aux Français : il n’y a pas d’argent magique. Nous devons tenir et préparer l’avenir. On ne peut pas laisser une dette insoutenable à nos enfants. Il faut poursuivre sur une trajectoire responsable en matière de finances publiques.

Les classes moyennes profiteront-elles de la loi sur le pouvoir d’achat ?

Oui, nous y sommes attentifs, tout comme nous voulons continuer à encourager le travail. La revalorisation de la prime d’activité, le triplement de la prime Macron, l’indemnité carburants pour les travailleurs concernent aussi les Français de la classe moyenne.

Quand vous parlez de « radicalité » en matière d’environnement, à quoi pensez-vous ?

J’ai utilisé cette expression parce que certains nous accusent d’être dans une politique des petits pas, alors que c’est la France, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, qui a rallié les pays européens à l’objectif de neutralité carbone en 2050 et de baisse des émissions de gaz à effet de serre de 50 % à horizon 2030. Les transformations que cela implique sont radicales. Nous sommes déterminés à tenir ces trajectoires. Tous les secteurs d’activité seront concernés. La façon dont nous nous déplaçons, nous nous logeons, notre façon de consommer, le fonctionnement de nos entreprises… Rien que la sortie du tout jetable et du plastique à usage unique a des implications considérables. Nous devons accompagner les entreprises, les territoires et les citoyens dans ces changements extrêmement profonds.

Nous voulons apporter des solutions aux Françaises et aux Français pour qu’ils puissent s’engager pleinement dans la transition écologique

— Élisabeth Borne

Quels efforts leur demanderez-vous ?

Nous voulons apporter des solutions aux Françaises et aux Français pour qu’ils puissent s’engager pleinement dans la transition écologique. Qu’ils aient accès à des modes de déplacement moins carbonés ou qu’ils aient la possibilité d’isoler leur logement. Nous allons continuer à soutenir le développement des transports en commun. Nous avons investi énormément dans le ferroviaire, en relançant des petites lignes, les trains de nuit, le fret ferroviaire… S’agissant des entreprises, la moitié des investissements prévus dans France 2030 sont consacrés à la décarbonation de notre économie. Nous allons promouvoir des nouvelles technologies, innovantes et décarbonées.

Le prochain rendez-vous avec la loi climat, ce sera en septembre ?

Nous devrons élaborer une nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie, avec une stratégie nationale bas carbone. C’est un document de planification qui fixe des objectifs précis de réduction des émissions de gaz à effet de serre à chaque secteur. Sa préparation, à partir de l’automne prochain, sera précédée de débats, de consultations, de concertations avec les Français et toutes les forces vives du pays.

Pourquoi Christophe Béchu est moins bien placé qu’Amélie de Montchalin ne l’était dans le gouvernement ?

La place que mon gouvernement accorde à la Transition écologique est clairement marquée par le fait que je suis personnellement en charge de la planification écologique. C’est la première fois que la Première ministre à une telle responsabilité. Sur la place de l’écologie dans le gouvernement, je pense que les choses sont claires. Il est vrai que l’ordre protocolaire tient aussi compte du parcours du ministre. Amélie de Montchalin était ministre depuis plusieurs années. Je peux toutefois vous assurer que ça n’empêchera pas Christophe Béchu d’agir.

Vous allez travailler avec les collectivités locales sur ce sujet ?

Elles ont la responsabilité des politiques de mobilité, d’aménagement d’habitat, de gestion des déchets… Donc beaucoup de leviers en main. Plusieurs sont déjà en pointe en la matière, et peuvent servir de référence aux autres. Il faut travailler de manière différenciée avec elles, leur redonner des marges de manœuvre, en passant contrat avec elles.

Est-ce la raison pour laquelle vous avez multiplié les messages à l’attention des élus locaux dans votre discours de mercredi ?

Il faut qu’on tire les enseignements des années passées. On a vu pendant la crise Covid à quel point, quand l’État et les collectivités travaillent main dans la main, on peut tout surmonter. Je suis persuadée que nous relèverons les défis à venir ensemble.

Où en sommes-nous avec le Covid ?

L’épidémie est repartie, avec plus de 150 000 cas recensés mercredi 6 juillet, mais elle n’a qu’un impact très limité sur l’hôpital pour le moment, et c’est cela qui est important. Nous n’envisageons pas de reprendre les outils de contraintes mis en œuvre lors des vagues précédentes. Mais il faut que chacun fasse preuve de responsabilité. Les Français connaissent parfaitement les mesures qui permettent de se protéger face au virus. Il faut porter le masque dans les transports en commun, ou lorsque l’on participe à des rassemblements dans des espaces fermés. Les vacances vont démarrer. Je le dis aux plus de 60 ans, les grands-parents qui vont retrouver les petits-enfants et la famille : il faut faire votre deuxième rappel.

Vous n’envisagez pas de reprendre des mesures contraignantes, comme le port du masque dans les transports ?

C’est d’abord une question de confiance. Je pense que nous sommes un pays responsable. Tout le monde a les bonnes informations. Une loi sur le sujet est en cours d’examen à l’Assemblée, de façon à maintenir les dispositifs techniques de suivi de l’épidémie et de pouvoir réactiver le passe sanitaire aux frontières si un nouveau variant apparaissait dans certains pays mais cette loi ne prévoit ni obligation du port du masque ni passe sanitaire sur notre territoire.

Vous ne voulez pas généraliser le deuxième rappel de vaccination ?

À ce stade, les autorités scientifiques ne le préconisent que pour les personnes vulnérables, pas pour l’ensemble de la population.

L’hôpital va-t-il tenir cet été ?

Nous allons apporter des solutions de court terme. Nous les avons présentées vendredi dernier, au terme de la mission confiée au Dr François Braun. L’impératif est d’éviter de saturer les urgences en rappelant aux Français qu’il faut d’abord appeler le 15. Ce numéro permet d’être orienté vers la bonne réponse en fonction de sa situation. On peut y joindre un médecin qui apporte des conseils, qui apprécie dans l’échange qu’il a avec vous s’il faut un soin immédiat ou s’il peut vous aider à prendre un rendez-vous dans les jours qui viennent. Nous voulons aussi mobiliser tous les professionnels de santé. Nous élargissons, par exemple, les actes que les pharmaciens peuvent faire, par exemple un renouvellement d’ordonnance.

L’idée est donc de mobiliser un maximum de professionnels.

Nous mobilisons toutes les ressources pour, effectivement, avoir la meilleure offre de soins possibles. Pour cet été, nous facilitons ainsi les démarches pour que des médecins retraités puissent reprendre une activité.

Et pour les soignants qui ne se sont pas ménagés ces derniers mois ?

Nous voulons leur donner un signe de considération, notamment sur le travail de nuit, l’augmentation de la prime de nuit… Ces mesures seront mises en œuvre pendant trois mois pour en mesurer leur efficacité.

La suite pour l’hôpital, ce sera à la rentrée avec le lancement d’une large concertation ?

Effectivement. Les bonnes réponses doivent être construites dans les territoires, entre les élus, les professionnels de santé, les représentants des patients. C’est dans chaque territoire que se trouvent les bonnes réponses.

Nous voulons, par exemple, recruter 50 000 infirmiers, infirmières, aides-soignants et aides-soignantes pour les Ephad

— Élisabeth Borne

Mais le constat, tout le monde le connaît. Il n’y a pas assez de médecins.

Cette concertation sert, je le répète, à trouver des bonnes organisations, en attendant que la suppression du numerus clausus, décidée en 2018, produise ses effets. Ce n’est pas à Paris que nous allons pouvoir trouver les bonnes réponses à apporter aux personnels soignants sur l’articulation entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle, sur les freins que nous pouvons peut lever, par exemple en termes de garde d’enfants.

Nous allons aussi travailler sur d’autres mesures. Nous voulons, par exemple, recruter 50 000 infirmiers, infirmières, aides-soignants et aides-soignantes pour les Ephad. Il va falloir continuer à travailler sur l’attractivité de ces métiers. Nous voulons aussi continuer à développer la télémédecine qui est une réponse bien adaptée aux territoires où les médecins spécialistes ne sont pas forcément en proximité.

Tous les jours, dans Ouest-France, nous parlons des services hospitaliers qui craquent. Que faire ?

Nous avons vu, ces derniers mois, de nombreux soignants renoncer à leur métier. Nous devons donc redonner du sens au travail en particulier à l’hôpital. Nous souhaitons absolument arrêter cette hémorragie de départs. Nous sommes déterminés à faire ce travail, en proximité toujours, territoire par territoire.

Le discours de vérité, est-ce de dire aux Français qu’on ne résoudra pas les problèmes de déserts médicaux tout de suite ?

Le discours de vérité, c’est de dire aux Français, en effet, qu’il ne va pas y avoir demain matin des médecins supplémentaires en grand nombre. Il nous faudra à peu près dix ans pour constater les effets de la levée du numérus clausus décidé en 2018. Mais nous sommes déterminés à offrir des soins de qualité, en trouvant des solutions innovantes et territoriales comme celle qui consiste à donner un référent santé à chaque Français.

Dans votre discours de mercredi, devant le Parlement, vous avez également beaucoup insisté sur la prévention…

C’est vraiment un enjeu majeur. Évidemment, on peut soigner, et il faut soigner. Mais il faut aussi prévenir. Si nous remettons davantage de sport à l’école, si nous encourageons les mobilités actives, si nous agissons sur la qualité de l’air, si nous voulons permettre à tous les Français d’accéder à une alimentation de qualité, c’est aussi pour se préparer à avoir une meilleure santé demain.

Revenons sur vos premiers pas à Matignon. Comment avez-vous vécu ces presque deux premiers mois ?

C’est une énorme responsabilité. Et je suis très honorée que le président de la République m’ait choisie comme Première ministre notamment dans cette période difficile que connaît notre pays.

Êtes-vous la bonne personne à la bonne place ?

Je prends les choses avec humilité et détermination. Je suis au travail, au service des Français. J’ai une certaine expérience, j’ai le sens du dialogue, de la concertation. Bâtir avec les autres, c’est mon fil rouge. Je me préoccupe au quotidien des difficultés que les Français doivent affronter. Je suis dans l’action !

Le nouveau gouvernement, nommé en début de semaine, a-t-il été compliqué à construire ?

Je suis très fière de diriger une équipe composée à la fois de ministres expérimentés ; de députés qui se sont engagés tout au long du quinquennat précédent ; d’élus locaux connaissant, en proximité, ce que vivent des Français ; de personnes de la société civile sur les sujets aussi complexes que la santé et la solidarité.

Damien Abad a quitté le gouvernement. Il est visé par une plainte pour viol. La ministre de la Francophonie est visée par une plainte pour viol gynécologique. Elle reste dans le gouvernement. Quelle règle avez-vous fixée ?

Damien Abad était empêché d’exercer sa mission. Je pense que c’est bien qu’il puisse se défendre sereinement. Dans le cas de Chrysoula Zacharopoulou, nous sommes sur un sujet totalement différent portant sur la façon dont sont pratiqués des actes médicaux. C’est un sujet qui concerne beaucoup de soignants. Je souhaite donc qu’on mette les choses à plat. J’ai saisi le Conseil consultatif national d’éthique pour voir comment on peut bien appréhender cette question. On ne peut pas tout mélanger.

Donc, c’est au cas par cas ?

Il ne faut pas tout mélanger, je le répète. La manière dont peuvent être reçus les actes médicaux par les patients est un sujet extrêmement complexe. Je pense que c’est très important de saisir le Conseil national d’éthique, pour être éclairé sur ces sujets.

ENTRETIEN. Pouvoir d’achat, hôpital, transition écologique… Élisabeth Borne répond à Ouest-France

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