Entre le camp Macron et les oppositions, le jeu de poker menteur se poursuit

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Elisabeth Borne s’accroche. Insensible à la rumeur de son éviction prochaine, feignant d’ignorer les critiques sur son profil de femme robot ou trop « technicienne », la première ministre trace son chemin, tentant de montrer qu’elle tient la route par temps de tempête parlementaire. Samedi 25 juin, près d’une semaine après le coup de tonnerre provoqué par des élections législatives qui n’ont offert qu’une majorité relative au camp présidentiel, la locataire de Matignon doit s’entretenir avec le président de la République, Emmanuel Macron, pour lui faire part de l’état d’avancement des conversations menées avec les responsables des groupes d’opposition à l’Assemblée nationale. L’enjeu : identifier les « points de convergence » qui pourraient exister avec les députés de tous bords pour bâtir, si ce n’est une coalition, au moins des accords au cas par cas sur des textes jugés fondamentaux pour le gouvernement.

De Mathilde Panot, pour La France insoumise (LFI), à Marine Le Pen, pour le Rassemblement national (RN), en passant par Boris Vallaud (Parti socialiste, PS), Jean-Paul Mattei (MoDem) et Olivier Marleix (Les Républicains, LR), l’élue du Calvados aura sondé l’ensemble des forces qui constituent l’arc-en-ciel du Palais-Bourbon. Une façon de montrer qu’en dépit des consultations effectuées par Emmanuel Macron en début de semaine avec les responsables de partis, c’est bien elle la cheffe de la majorité. Et qu’elle est aussi une « politique ».

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« Je ne sais pas ce que ça veut dire technique (…). Enfermée derrière [son] bureau ? C’est tout le contraire de ce que je suis », a-t-elle balayé lors d’un entretien sur LCI, jeudi, se décrivant « à l’action ». « Le projet qu’on va mettre en œuvre tiendra compte de ce qui s’exprime à l’Assemblée nationale, forcément en gardant les valeurs qui ont défini le projet porté par Emmanuel Macron. On sera amené à écouter les propositions des uns et des autres pour bâtir une majorité », a-t-elle prévenu.

Macron promet « des compromis »

Mais la majorité est-elle prête à de véritables compromis ? L’allocution solennelle d’Emmanuel Macron, mercredi, avant son départ pour un sommet européen à Bruxelles, appelant « chaque responsable politique » à dire « jusqu’où il est prêt à aller », a refroidi les oppositions, y compris les plus « constructives ». « Est-ce qu’Emmanuel Macron sera l’artisan d’une démocratie refondée, enfin délibérative, où on passe des compromis, ou est-ce qu’il restera ce président arc-bouté sur son pouvoir, tentant en permanence les débauchages et la soumission d’autres groupes politiques ? », a interrogé l’ex-candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot, sans fermer la porter à une participation des Verts à un gouvernement de coalition, sur France Inter, vendredi matin.

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