EN DIRECT – Résultats législatives 2022 : la Nupes annonce le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement le 5 juillet

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Avec 89 députés, le Rassemblement national entre en force à l’Assemblée grâce à une dédiabolisation qui a déjà fait ses preuves à la présidentielle et l’effondrement du «front républicain» censé faire barrage à l’extrême droite. Sa candidate à l’Elysée Marine Le Pen, qui avait déjà obtenu un score jamais vu au second tour de la présidentielle, avec 41,5% des voix, a fait part elle-même lundi de sa «surprise» alors qu’elle espérait une soixantaine de députés.

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Sans scrutin proportionnel et sans alliances, elle obtient un groupe presque trois fois plus nombreux que celui qu’avait présidé son père de 1986 à 1988 avec 35 députés. Le RN revendique désormais d’être le premier «parti» d’opposition à l’Assemblée nationale devant la France insoumise, qui devrait compter entre 70 et 80 députés, et les Républicains (61 députés). Ce résultat, loin des projections des instituts de sondage qui créditaient le RN de 20 à 50 sièges, s’explique notamment par les reports de voix, qui peuvent d’un coup apporter 30 élus supplémentaires, explique Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos France. En cas de duels Nupes-RN, les électeurs de la coalition présidentielle Ensemble! se sont abstenus à 72%, tandis que 16% ont voté pour la Nupes et 12% pour le RN. Et «c’est l’inverse chez les LR»: 58% sont restés à la maison mais 30% ont voté pour le RN et 12% pour la Nupes, note le sondeur.

Jean-Daniel Lévy, de l’institut Harris Interactive, voit lui aussi un «double phénomène: d’abstention, qui vise à ne pas faire obstruction au RN, mais également de transferts de voix de premier tour vers le deuxième tour, qui ne sont pas uniquement des électeurs du RN». «L’absence de consignes de vote claires de la part d’Ensemble! n’a pas permis au barrage républicain de fonctionner totalement» après «le ”ni-ni” de la droite sarkozyste (qui) avait déjà creusé les premières brèches», explique pour France Info Gilles Ivaldi, chargé de recherche au CNRS et au Cevipof, spécialiste du programme économique du RN. Le chercheur avance trois autres explications: une campagne du RN «discrète et furtive, mais sur une thématique qui était au coeur des préoccupations des Français : le pouvoir d’achat», une «stratégie de dédiabolisation du RN qui n’a jamais eu autant d’effets», et des cadres «qui sont parvenus à s’ancrer localement».

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