Emmanuel Macron dénonce « les comportements irresponsables qui tuent », après une série de faits divers

0
10

En berne, le drapeau tricolore flotte sur le grand mât de la place d’armes. Jeudi 25 mai, rassemblés en rond, les agents, les officiers, les motards, les cavaliers patientent. Sans un bruit, pendant de longues minutes. A quelques mètres, au cœur de l’école nationale de la police, le président de la République rencontre les familles des trois gardiens de la paix du commissariat de Roubaix (Nord), tués, dimanche 21 mai, dans une collision avec un chauffard alcoolisé et sous l’emprise de stupéfiants.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Insécurité : Macron veut se montrer « intraitable sur le fond » contre une « décivilisation » de la société

En changeant son agenda pour participer à cette cérémonie, Emmanuel Macron a voulu faire de ce recueillement un moment symbolique. « Parler d’eux devient nécessaire pour rendre hommage à leur destin, dire respect et affection à ceux qui servent et protègent et dénoncer les comportements irresponsables qui tuent », a déclaré le chef de l’Etat devant les cercueils de « trois jeunes enfants de la République ».

Des exemples « comme tous ceux qui, à leur tâche, chaque jour, servent seulement les Français ». « Les policiers nationaux, les gendarmes, les policiers municipaux, les pompiers, les secouristes, les infirmiers, les médecins, les enseignants et tant d’autres, tous ceux qui, dans l’humilité du service, s’occupent de nos compatriotes et protègent, méritent respect et considération. »

Dans un discours sobre, le président de la République fait référence à d’autres corps de l’administration endeuillés, citant l’agent de sécurité routière décédé à Sainte-Soulle (Charente-Maritime), lundi 22 mai ; l’infirmière assassinée le même jour à Reims « parce qu’elle portait la blouse blanche de sa vocation » ; les trois gendarmes tués à Ambert (Puy-de-Dôme), le 23 décembre 2020. « Notre France a le visage des femmes et des hommes de devoir qui la servent », insiste M. Macron.

Dans ce contexte de recueillement, pas de place pour la politique. A aucun moment, le chef de l’Etat n’a élargi son propos sur l’ambiance du pays, comme il avait pu le faire lors du conseil des ministres de la veille, lors duquel il avait parlé d’« un processus de décivilisation ».

« Cela n’a jamais été son point fort »

Après les mots, l’image d’un président au côté d’une police républicaine endeuillée a fini de le réinstaller au cœur de cette actualité. Alors que le locataire de l’Elysée avait prévu d’insister sur d’autres thèmes cette semaine, comme l’environnement – après le rapport de son ancien conseiller Jean Pisani-Ferry –, il a été rattrapé par la succession de faits divers, sans aucun lien les uns avec les autres. Seul point commun : ils ont tous été récupérés par le personnel politique. Les oppositions de droite comme d’extrême droite ont attaqué la politique de la majorité, accusée d’être trop laxiste en matière de sécurité.

Il vous reste 62.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici