Emmanuel Macron approuve le recadrage d’Eric Dupond-Moretti

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C’est ce qu’on appelle relancer la course de kart pour un tour. Après l’annonce mardi soir sur Twitter par le ministre de la Justice de la publication d’une circulaire pour fixer « les conditions nécessaires à la tenue de projets de réinsertion en prison », Eric Dupont-Moretti a reçu le soutien appuyé du président de la République. « Beaucoup de nos compatriotes ont pu être choqués par ce qu’ils ont pu voir dans nos prisons, le garde des Sceaux a eu raison de rappeler là aussi ce qu’il convient de faire et de ne pas faire », a souligné le chef de l’Etat dans un préambule du Conseil des ministres de rentrée à l’Elysée.

« La peine a un sens dans la société, elle ne vaut pas exclusion de tout, elle a vocation ensuite à permettre de réinsérer », a poursuivi le président de la République, en appelant à ne « pas nourrir le trouble » dans un contexte global déjà difficile. « Il y a des intangibles, des invariants qu’il faut défendre et je félicite les ministres qui se sont aussi exprimés pour rappeler l’importance d’un ordre juste, on ne peut pas tout faire », a insisté le chef de l’Etat.

Un projet validé par l’équipe du ministre

Mais le garde des Sceaux était aussi visé quand Emmanuel Macron a appelé ses ministres au « sérieux » et à la « crédibilité ». Il se trouve ainsi en première ligne des critiques depuis que la polémique enfle sur une course de karting organisée au sein de la prison de Fresnes. « Si j’avais su qu’une compétition de karting était organisée, j’aurais mis un veto très clair (…) Jamais je n’ai été informé » de cela, a aussi déclaré le ministre de la Justice à la presse mardi après-midi. S’il n’a pas été personnellement mis au courant de tous les détails, diverses enquêtes journalistiques ont montré que ses équipes avaient en revanche validé le projet.

Trois équipes – de détenus, surveillants et habitants de la ville – s’étaient affrontées lors d’épreuves, de karting, de mime ou encore de tir à la corde au-dessus d’une piscine, dans le cadre d’une opération caritative. Seuls deux détenus ont pris part à la course de kart. L’évènement avait d’ailleurs été relayé dans la presse au mois de juillet, sans attirer l’attention.

Mais c’est la publication d’une vidéo, depuis retirée, sur YouTube qui a déclenché les critiques de la droite et de l’extrême droite, fustigeant une dépense d’argent publique pour l’amusement de personnes condamnées et demandant de « penser aux victimes ». Le député LR Alexandre Vincendet, lui-même condamné en novembre 2020 pour violences sur son enfant, a déclaré que s’il était ministre de la Justice, « le directeur de la prison de Fresnes ne le serait déjà plus ». Or, aucune dépense publique n’a été engagée pour monter le projet. Plusieurs avocats ont quant à eux fait valoir les conditions de détention dans la prison de Fresnes, insalubre, surpeuplée et où les détenus passent 22 heures sur 24 en cellule.

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