Elu par les adhérents, Grégoire de Fournas ne figure pas au parlement du Rassemblement national

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Contacté par téléphone, Grégoire de Fournas a d’abord démenti avoir été élu au conseil national du Rassemblement national (RN). Avant de se raviser. Selon nos informations, confirmées par l’élu au Monde lundi 7 novembre, le député de Gironde – suspendu par l’Assemblée nationale – a bien été désigné par les militants membre du conseil national, le parlement du parti. Mais le jour du congrès, le 5 novembre, il n’en était plus question.

Lorsque David Rachline, responsable de l’organisation du congrès, a égrainé la liste des 100 élus dans l’ordre, son nom n’est pas apparu à la 62e position, comme cela aurait dû être le cas. La raison, selon le député : il a discrètement démissionné du conseil national du RN, vendredi soir, par email, avant même de savoir si les militants l’avaient désigné. Il n’était pas question de gâcher davantage le sacre de Jordan Bardella, après deux jours de polémique sur sa sortie xénophobe en pleine Assemblée nationale, jeudi 3 novembre.

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Cette démission avait vocation à rester secrète. Seuls Jordan Bardella, David Rachline et Louis Aliot, battu dans la course à la présidence, avaient accès au procès-verbal du vote des militants. Le nouveau président était par ailleurs le seul récipiendaire du courriel de démission de Grégoire de Fournas.

« Je ne savais pas si j’avais le droit de vous le dire, explique M. De Fournas au Monde. Oui, j’ai démissionné. J’ai jugé que cela ne servait à rien de donner l’occasion aux journalistes de commenter mon élection au conseil national, plutôt que de parler de la victoire de Jordan Bardella. »

Pressenti comme porte-parole

Une démission du conseil national n’est pas inédite dans l’histoire du Front national devenu Rassemblement national, mais elle concerne généralement des cadres qui quittent en même temps le parti. Selon une source bien informée au sein du RN, M. de Fournas était également censé intégrer le bureau national, et occuper le poste de porte-parole, comme l’avait annoncé l’hebdomadaire Valeurs Actuelles en octobre. « Cela n’était pas prévu », dément le parti.

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Cette éviction discrète d’un membre élu par les adhérents tranche avec les promesses de transparence faites par le parti au sujet de son scrutin interne. Dans les faits, l’organisation du congrès n’a pas été, comme le disait Jordan Bardella dans son discours de victoire, « le gardien exigeant de la volonté des adhérents telle qu’elle s’est exprimée ». « Ce scrutin ordonné inflige à la classe politique une leçon de démocratie et de savoir-vivre à la française », disait encore le nouveau président.

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