Elisabeth Borne appelle sa majorité à l’unité à la veille d’un automne parlementaire à risque

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Un sombre avertissement. « La division est un poison », a mis en garde la première ministre, Elisabeth Borne, jeudi 14 septembre à Louan-Villegruis-Fontaine (Seine-et-Marne), en clôture des journées parlementaires du groupe Renaissance. Après un détour, lundi, à la rentrée des députés MoDem à La Roche-Posay (Vienne), et avant celle des élus Horizons à Angers, vendredi, la cheffe du gouvernement venait s’assurer de « l’unité » de sa majorité relative, alors que la situation parlementaire pourrait rapidement lui échapper. A une dizaine de jours de la reprise des travaux à l’Assemblée nationale, elle a insisté sur cette division qui « mène au blocage des institutions, à la paralysie politique puis à la défaite lors des élections. (…) Nous devons avoir des moments d’échange et une fois la ligne fixée, avancer en bloc. »

La veille, le nouveau chef de file du groupe Renaissance, Sylvain Maillard, avait lui aussi alerté ses troupes sur le risque d’une « cacophonie » dans ses rangs : « Dispersés, nous ouvrons des failles à nos oppositions. » Or quelques minutes après, lors d’une réunion à huis clos, ses députés ont fait état de leur ressentiment pendant plus d’une heure, au sujet de la tribune transpartisane publiée lundi dans Libération sur le projet de loi immigration. Celle-ci a été signée par le président Renaissance de la commission des lois, Sacha Houlié, et onze autres députés du camp présidentiel, aux côtés une vingtaine d’élus de gauche – dont le socialiste Boris Vallaud et le communiste Fabien Roussel.

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Dans ce texte, les signataires défendent notamment la régularisation des travailleurs sans papiers dans les métiers en tension. Cette mesure inscrite à l’article 3 du projet de loi immigration suscite de très fortes réticences à droite, au point que les dirigeants Les Républicains (LR) menacent de déposer une motion de censure pour faire échouer un texte qu’ils jugent « laxiste ». Si le contenu de la tribune portée par l’aile gauche macroniste ne va pas à l’encontre de la position majoritaire défendue au sein de Renaissance, l’affichage d’élus du camp présidentiel avec des opposants de gauche provoque des remous. « Sur la forme, est-ce que les signataires des oppositions vont s’engager à voter ce texte ou au moins s’abstenir ? Nous ne le savons pas », s’interroge Sylvain Maillard.

« Autant revoir la méthode »

Au-delà de cette offensive médiatique, c’est la méthode engagée par l’exécutif et ses tergiversations sur son texte qui continue d’alimenter le doute chez les députés Renaissance. Certains d’entre eux plaident pour scinder le projet de loi immigration en plusieurs textes afin de dégager une majorité avec la droite sur le volet répressif qui vise à accélérer l’expulsion des étrangers délinquants, puis avec la gauche sur le volet de l’intégration par le travail. « Plutôt que de sauter dans le vide sans parachute, autant revoir la méthode et sécuriser un peu mieux les majorités des différents textes », estime le président de la commission des affaires économiques, Guillaume Kasbarian.

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