Dominique Voynet, ancienne ministre de l’environnement, fait son retour en politique

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En touillant son café dans une brasserie de Besançon, Dominique Voynet l’assure : « Je fais ça pour le collectif, je n’ai plus d’ambition électorale personnelle. » Sourire en coin à l’appui, pour le cas où l’on s’autoriserait à en douter. « Ça », c’est donc son retour en politique. A la base, comme à ses débuts. A 64 ans, celle qui fut députée européenne, députée du Jura (sans siéger dans l’Hémicycle puisque Lionel Jospin l’intégra aussitôt à son gouvernement en 1997), ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement, sénatrice de Seine-Saint-Denis puis maire de Montreuil, entre autres mandats, briguera, dimanche 26 mars, le poste de secrétaire régionale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) dans sa Franche-Comté natale.

Elle sera élue, car elle présente une liste unique qu’elle a patiemment ciselée. « Je l’ai voulue ouverte à toutes les motions et représentative de tous les groupes locaux », explique-t-elle. La précision n’est pas inutile en Bourgogne-Franche-Comté, une région où beaucoup de militants s’agacent du « poids excessif » pris par leurs collègues EELV de Besançon. Surtout depuis le scrutin municipal de 2020 qui a vu l’une des leurs, Anne Vignot, accéder à l’hôtel de ville à la tête d’une liste où se sont retrouvés les partenaires de gauche de la municipalité précédente, ébranlés par le départ avec armes et bagages de Jean-Louis Fousseret leur maire socialiste chez Emmanuel Macron.

« Recréer du lien humain, de la confiance »

« En prenant le temps d’échanger, je me suis rendu compte que nombre de militants se sentaient isolés, pas forcément perdus mais livrés à eux-mêmes, un ressenti dû aussi à la multiplication des visioconférences après le confinement, explique Dominique Voynet. Il fallait recréer du lien humain, de la confiance, de la fraternité, redonner de la fierté, la “green pride”, à ceux qui souhaitaient s’engager plus sur le terrain et être écoutés. Et renouer le dialogue avec les syndicats de l’automobile, les agriculteurs, tous ceux qui se sont éloignés de nous… »

Cette envie des troupes de remonter au front, l’ex-secrétaire nationale des Verts, retraitée depuis septembre 2021 de son poste de directrice générale de l’Agence régionale de santé de Mayotte, la partageait. Elle aurait aimé porter le sujet sanitaire dès la campagne présidentielle de Yannick Jadot, qu’elle soutenait. Mais des militantes l’ont écartée au motif qu’elle avait témoigné « pour rééquilibrer les plateaux de la balance » au procès en diffamation intenté en 2019 par Denis Baupin à ses accusatrices et à divers médias, après des enquêtes relatant des faits de harcèlement et agression sexuels.

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