Déchets : la cote d’alerte est atteinte dans les outre-mer, selon le Sénat

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Une « urgence sanitaire et environnementale ». Pour la délégation sénatoriale aux outre-mer, qui publie vendredi 9 décembre un rapport sur le sujet explosif de la gestion des déchets, la cote d’alerte est dépassée dans de nombreux territoires français. Gisèle Jourda (Aude, groupe Socialistes, écologistes et républicains) et Viviane Malet (La Réunion, groupe Les Républicains) ont réalisé plusieurs déplacements et procédé à 160 auditions. Selon les sénatrices, « des plans de rattrapage exceptionnels, voire des plans Marshall pour la Guyane et Mayotte sont aujourd’hui indispensables », à hauteur de 250 millions d’euros sur cinq ans dans ces deux territoires.

« De manière générale, les outre-mer souffrent d’un retard massif d’équipements. Hormis à
La Réunion, dans les quatre autres DROM
[départements et régions d’outre-mer], le nombre de déchetteries par habitant est 2 à 9 fois plus faible que dans l’Hexagone », rappellent les rapporteuses.

Les déchets ménagers sont ainsi enfouis à 67 % dans les territoires ultramarins, contre 15 % dans l’Hexagone. A Mamoudzou, à Mayotte, 41 % de la population n’est même pas desservie par la collecte. Dans le département de l’océan Indien, lit-on dans le rapport, on trouve « des décharges sauvages à ciel ouvert au cœur de bidonvilles, au milieu desquelles des enfants jouent. Des batteries de voiture y servent de pierre de gué pour franchir des ruisseaux. Des femmes lavent leur linge dans des bassins alimentés par cette eau. Des tas de déchets y brûlent continuellement ».

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La Nouvelle-Calédonie, bonne élève

La Guyane, elle, compte « deux déchetteries pour un territoire grand comme le Portugal ». Dans ces deux départements, le taux de prévalence de la leptospirose, une maladie bactérienne grave, est ainsi 70 fois plus élevé qu’en métropole. Outre-mer, par ailleurs, le coût moyen de la gestion de ces déchets est 1,7 fois plus élevé qu’en moyenne nationale.

Les territoires de la Guadeloupe, de la Martinique et de Polynésie sont, eux, jugés « sur la ligne de crête ». Seul département et région ultramarine à avoir installé une unité d’incinération, « la Martinique n’est pas parvenue à capitaliser sur cet acquis pour déployer une politique plus ambitieuse. Pire, l’incinérateur a vieilli faute d’investissement et connaît de nombreux arrêts techniques qui se répercutent sur l’ensemble de la chaîne de traitement des déchets », déplorent les sénatrices Jourda et Mallet. En conséquence, l’enfouissement, qui n’était que le troisième mode de traitement en 2016, est devenu en 2020 le premier. A la Guadeloupe, où 77 % des ordures sont enfouies, « le tri demeure insuffisant et les refus de tri sont massifs ».

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