Dans la Nupes, le choc des cultures parlementaires

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C’est un désaccord qui reste de pure forme, assurent les membres de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). « On n’a pas tout à fait la même tactique de combat », assumait Mathilde Panot, jeudi 3 novembre, tout en annonçant le dépôt d’une deuxième motion de censure signée par la seule France insoumise en réponse au 49.3 déclenché par le gouvernement. Après avoir voté, bon gré mal gré, la première motion de leurs collègues « insoumis », les socialistes se sont distanciés de la deuxième vendredi – finalement rejetée. Le député de l’Essonne, Jérôme Guedj, pour l’expliquer, citait « une divergence tactique uniquement sur l’opportunité de multiplier les motions de censure ». « Parfois un groupe fait une échappée quand les autres préfèrent garder leurs forces pour le sprint final », ajoutait-il.

Depuis juin et l’entrée de la Nupes à l’Assemblée nationale, les députés de gauche sont partagés. Incarner l’union d’un côté, garder sa culture parlementaire propre de l’autre… de quoi susciter des questionnements. D’autant que le Rassemblement national (RN), renforcé par ses 89 députés, accumulait, jusqu’à l’interpellation raciste proférée jeudi 3 novembre par le député Grégoire de Fournas, les signes de respectabilité parlementaire. Et que la majorité macroniste n’a de cesse de renvoyer au « chaos » semé selon elle par la gauche.

Dans ce contexte, chacun fait son choix. La « stratégie de la cravate » du RN, les « insoumis » s’en soucient peu. Malgré le malaise suscité chez leurs collègues par les votes du RN pour les motions de gauche, ils n’ont pas le projet de dévier de leurs textes de censure à répétition. « C’est une bataille d’usure, estime le député LFI des Bouches-du-Rhône Manuel Bompard, le coût n’est pas pour nous mais pour le gouvernement. Ce n’est pas rien pour l’exécutif de devoir venir écouter les oppositions pendant une demi-journée, d’interrompre l’agenda parlementaire. La question c’est qui craquera en premier… » Pas les députés LFI donc, quitte à devoir lasser leurs collègues de la Nupes.

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Au-delà des motions, les cadres du groupe « insoumis » craignent plutôt de trop se normaliser dans l’Hémicycle. Alexis Corbière, par exemple, reconnaît la nécessité de mesurer les interventions mais le député de Seine-Saint-Denis pointe surtout le risque d’une forme de « crétinisme parlementaire », dans lequel LFI s’insérerait dans le « ronron » de l’Assemblée, au mépris des promesses faites aux classes populaires et de ses références révolutionnaires. « Je préfère avoir des têtes brûlées qui veulent être la voix du peuple que des bureaucrates intéressés qui pointent pour prendre la paie », dit-il.

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