Cyril Hanouna insulte un député LFI et provoque un tollé

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« Espèce d’abruti », « Ferme ta gueule », « T’es une merde », « Calme-toi », « Tais-toi », « T’es un nase », « Allez, barre-toi ». Acculé par les injonctions et les insultes de Cyril Hanouna, qui était soutenu par un public chauffé à blanc, le député La France insoumise (LFI) Louis Boyard a dû quitter, jeudi 10 novembre dans la soirée, le plateau de « Touche pas à mon poste » (« TPMP »), sur C8. Une séquence qui a aussitôt enflammé Twitter, où les mots-clés #Hanounagroscon et #soutienLouisBoyard, mais aussi le nom de Raquel Garrido, députée « insoumise » que l’animateur s’est prévalu d’avoir « tous les jours au téléphone », figuraient encore, vendredi en fin de journée, parmi les plus fréquemment utilisés.

Dénonçant « une tentative d’intimidation » et des « méthodes de censure », Louis Boyard a annoncé, vendredi après-midi, demander « à notre Assemblée nationale l’ouverture d’une commission d’enquête (…) sur les ingérences de Bolloré dans nos médias, et donc sur “TPMP” ». De son côté, la présidente du groupe parlementaire LFI-Nupes à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a saisi l’Arcom (ex-CSA).

Invité à évoquer le sort des migrants du navire humanitaire Ocean-Viking, Louis Boyard, qui fut chroniqueur de l’émission dans le passé, commençait une démonstration sur « l’appauvrissement de l’Afrique » incluant, parmi « les cinq personnes qui possèdent autant que 27 millions de personnes », le milliardaire Vincent Bolloré, quand un déchaînement d’hostilité a déferlé sur lui. « Tu sais que tu es dans le groupe Canal, ici ? », l’a interpellé l’animateur, se targuant pour sa part de « ne pas cracher dans la main qui [le]nourrit ». Autrement dit, la famille Bolloré.

Officiellement retraité depuis février 2022, mais toujours premier actionnaire du groupe Vivendi, Vincent Bolloré a propulsé Cyril Hanouna en lui signant un contrat en or en 2015, contrat prolongé cette année jusqu’en 2026 pour 35 millions d’euros par an. M. Hanouna ne cache pas non plus sa proximité avec Yannick Bolloré, le fils, devenu président du conseil de surveillance du groupe cette année.

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« Il n’y a pas de solution magique »

Cette violence a réactivé, chez les « insoumis », la question de l’utilité de se rendre sur ces chaînes. « Le boycott est efficace uniquement s’il permet de changer les choses, considère le député des Bouches-du-Rhône Manuel Bompard. Vous êtes dans une bataille politique, les gens – les jeunes – qui regardent l’émission ne sont pas des gens qui écoutent une matinale. C’est parfois le seul endroit où vous arrivez à faire entrer un peu de politique. » Sa collègue de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain, qui a décidé pour elle-même de ne pas répondre aux invitations, résume le dilemme : « Il faut arbitrer entre le fait d’aller sur des chaînes qui participent à un climat propice à l’extrême droite, et se priver de millions de téléspectateurs. »

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