Crise énergétique : « Réduire le service public ou augmenter les impôts », les élus locaux dans l’impasse

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Chaque élu qu’elle croisait lui en a parlé. Durant les Journées nationales de France urbaine, les 22 et 23 septembre, à Reims (Marne), la présidente de l’association, la maire de Nantes, la socialiste Johanna Rolland, a beaucoup discuté de la crise énergétique. France urbaine est un bon observatoire : elle rassemble 108 métropoles et grandes villes et, donc, la moitié de la population française.

Ces derniers mois, beaucoup d’élus ont compris l’ampleur de la crise de l’énergie. « La flambée des prix provoque en moyenne un doublement de nos factures », affirme Johanna Rolland. La situation est très disparate d’une collectivité à l’autre, mais partout les lignes de crédits s’affolent. Strasbourg a annoncé le quintuplement de la facture de gaz, laquelle passera de 12 millions d’euros en 2022 à 62 millions en 2023. Le département de la Seine-Saint-Denis s’attend à devoir trouver 15 millions d’euros de plus, la Côte-d’Or ou le Lot-et-Garonne, 8 millions d’euros. La présidente de Régions de France, la socialiste Carole Delga, a estimé l’impact de l’inflation sur les budgets régionaux « à plus de un milliard d’euros ».

Des collectivités face à la crise énergétique

La flambée de sprix met à mal les finances des collectivités, qui cherchent à faire des économies, d’argenet et d’énergie. Certains réclament une aide supplémentaire à l’Etat.

Directeur général adjoint de la métropole de Rennes, Johan Theuret s’inquiète : « Le degré d’incertitude est maximum. A Rennes, on va payer très, très cher. » D’autant plus que s’ajoute à cela l’augmentation générale des fonctionnaires décidée par le gouvernement en juin. A Rennes, ce sont 2,4 millions d’euros en année pleine.

Première adjointe aux finances du maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic, Claudine Bichet rappelle qu’il a déjà fallu digérer la suppression de la taxe d’habitation, préjudiciable pour une ville aussi dynamique sur le plan démographique. Et le Covid-19, qui a entraîné « 25 millions d’euros de dépenses supplémentaires ». Les augmentations de cette année, c’est « 10 % de notre budget de 400 millions d’euros », affirme Mme Bichet. « On est dans l’étau, soupire-t-elle. Sans mesure de soutien, le choix est simple : réduire le service public, réduire les investissements. Et possiblement augmenter les impôts, ce qui irait à rebours de la politique nationale. »

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« Eviter les coupures d’électricité »

Pour l’heure, les élus locaux cherchent des économies. Lors du congrès des régions de France, mi-septembre, le président du Sénat a fait écho à ces préoccupations. « Les maires, a souligné Gérard Larcher, s’interrogent sur leur capacité à garantir le fonctionnement des équipements sportifs, culturels ou tout simplement sur leur capacité à gérer les tarifs pour la restauration scolaire. » Pas question de les augmenter, explique la Nantaise Johanna Rolland, « parce que l’on sait que les ménages ne pourraient pas l’assumer ».

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